Quel bilan pour le gouvernement bruxellois ? La concertation, talon d'Achille de Vervoort III
Les gouvernements des régions et communautés ont célébré, ou vont célébrer, leur deuxième anniversaire. Tous ont dû composer avec la crise sanitaire pour tenter de déployer leurs promesses. La Libre a passé leur(s) action(s) à la loupe.

- Publié le 01-08-2021 à 20h07
- Mis à jour le 02-08-2021 à 12h01

Le 18 juillet dernier, le gouvernement de la Région bruxelloise dirigé par le socialiste Rudi Vervoort et formé par une coalition hexapartite soufflait ses deux bougies. Bien sûr, il y a eu cette crise sanitaire mondiale que personne n'avait vue venir. Aucun des exécutifs du pays n'était préparé à affronter un tel séisme. La gestion erratique de l'épidémie de Covid-19 dans les maisons de repos de la capitale reste à ce titre l'un des échecs les plus cuisants du gouvernement Vervoort III et singulièrement de son ministre de tutelle, Alain Maron (Écolo), qui avait fini par faire son mea culpa dans La Libre . C'était au printemps 2020.
Les verts francophones et néerlandophones, qui ne faisaient plus partie de la majorité régionale depuis l'été 2014, ont mis plus de temps que leurs partenaires de majorité (PS/Défi/Open VLD/one.brussels-Vooruit) à prendre leurs quartiers et à s'emparer des dossiers au moment de leur arrivée au sein du nouvel attelage gouvernemental en 2019.
Très vite s'est aussi invitée la douloureuse équation budgétaire qui - contrairement à la législature précédente qui avait vu consacrer la sixième réforme de l'État et le transfert d'argent qui l'accompagne - a empêché pendant un temps les ministres et secrétaires d'État bruxellois de déployer pleinement leurs politiques.
Une taxe kilométrique qui fait bondir
Et puis, les décisions ont commencé à tomber : 15 millions d'euros en 2020 pour revaloriser les barèmes des agents communaux, de nouvelles pistes cyclables sur le territoire de la Région et "une ville 30", en référence aux 30 km/h que la ministre régionale de la Mobilité a décidé d'imposer pratiquement partout aux automobilistes de la capitale. Le plan régional de mobilité "Good Move", approuvé en première lecture sous la précédente législature, est désormais sur les rails.
Elke Van den Brandt (Groen) avait également mis les Bruxellois et les autres au parfum en annonçant dans la presse, tout juste un mois après son entrée en fonction, l'ambition du gouvernement bruxellois d'avancer, "idéalement avec les deux autres Régions du pays", sur l'idée d'une taxation kilométrique intelligente (une taxe à l'usage de la voiture plutôt qu'à sa possession).
Impossible, dès lors, de ne pas rappeler la levée de boucliers que l'annonce formelle faite à ce propos par les Bruxellois avait suscitée en décembre 2020 dans le chef de leurs voisins wallons et flamands. L'absence de concertation préalable avec les autres Régions du pays était alors dénoncée.
Ponctué par les décisions du Conseil national de sécurité (CNS), puis par celles du Comité de concertation, le travail du gouvernement bruxellois a aussi consisté à déployer des moyens financiers pour soutenir le tissu économique et social bruxellois.
Contrairement à ses homologues wallon, flamand, germanophone (dans une moindre mesure) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre-Président Vervoort est globalement resté en retrait lors ces dénommés "Codeco", intervenant peu, voire "trop peu", selon certains observateurs.
Vervoort, son manque de leadership, sa com'
Le manque de leadership du socialiste au sein même de son gouvernement est cycliquement épinglé. La gestion et le choix de communication de Rudi Vervoort au sujet du dossier litigieux autour de la neutralité au sein de l'entreprise publique de transport Stib ont laissé des traces, voire, pour le partenaire Défi, ont abîmé la confiance au sein de la majorité gouvernementale.
Ceci n'a toutefois pas empêché l'exécutif de donner son feu vert à des dossiers cruciaux prévus dans l'accord de gouvernement. Parmi eux : la fin programmée à 2035 des moteurs thermiques à Bruxelles, le plan d'urgence logement (PUL), celui qui entend promouvoir le multilinguisme ou encore la refonte complète du règlement régional de l'urbanisme dans la capitale.