Reynders: "J'ai même été maman-catéchiste…"
Aujourd'hui, Didier Reynders a du mal à se classer sur le plan philosophique et religieux. "Je pourrais me dire agnostique par prudence, mais si Dieu existe, il saura que mon choix aura été dicté par la prudence justement…", raisonne-t-il. Portrait.
- Publié le 28-07-2015 à 15h15
- Mis à jour le 28-07-2015 à 16h51

Aujourd'hui, Didier Reynders a du mal à se classer sur le plan philosophique et religieux. "Je pourrais me dire agnostique par prudence, mais si Dieu existe, il saura que mon choix aura été dicté par la prudence justement…", raisonne-t-il. Portrait.
Pourtant, c'est bien dans la foi chrétienne qu'il a vécu ses jeunes années. Son papa, représentant de commerce pour la conserverie liégeoise Viaka, faisait régulièrement des collectes pour la paroisse. "On était dans un milieu très catholique et j'ai même été maman-catéchiste. Donc, j'ai appris le catéchisme à d'autres. J'ai fait mes études dans des écoles catholiques."

"Papa fondait en larmes"
Le souvenir de ses parents, disparus tous les deux à l'âge de 85 ans, remue encore beaucoup aujourd'hui le vice-Premier MR au fédéral. "Maman avait un côté plus renfermé et elle était souvent plongée dans la lecture. C'est elle qui m'a transmis le goût de lire des romans , confie Didier Reynders. Par contre, papa était nettement plus à fleur de peau. Je me souviens de son émotivité très forte dans des moments de la vie familiale. Par exemple, à l'occasion d'un cadeau d'anniversaire ou lorsqu'on lui faisait une surprise, il ne pouvait plus dire un mot et fondait en larmes. Y compris lorsque ses enfants étaient plus âgés."
La natation à 6 heures du matin
Le dévouement des parents Reynders à leurs trois enfants était total : "Maman a travaillé jusqu'à ma naissance dans un commerce à Tilleur, dans la région sidérurgique de Liège. La maison existe d'ailleurs toujours, mais il n'y a plus rien autour, tout a été détruit. Après ma naissance, elle s'est alors occupée exclusivement de ses enfants. J'ai le souvenir d'une maman très présente. De manière générale, mes parents se sont dévoués totalement pour que leurs enfants fassent des études et du sport."
Du sport ? Oui, de manière intensive et à un haut niveau. "On faisait tous les trois de la natation le matin et le soir : ça voulait dire que mon père nous conduisait à la piscine à 6 heures-6h30 du matin, avant l'école. Le soir, on refaisait un entraînement alors qu'il était sur les routes toute la journée et qu'il faisait sa comptabilité le soir. Voilà l'ambiance qui régnait à la maison. Cela a créé une relation forte entre nous."
Didier se prend pour Eddy
Pendant toute une tranche de sa jeunesse, la natation occupe énormément Didier Reynders : "Je m'entraînais jusqu'à trois-quatre heures par jour, pour préparer des compétitions." Mais le cyclisme le passionne également. "J'ai fait aussi beaucoup de vélo, je me suis pris quelques gamelles, mais je me prenais pour Eddy Merckx…" Des années plus tard il rencontrera son idole alors qu'il était déjà une personnalité connue de la vie politique belge. "Eddy Merckx a été surpris quand je lui ai expliqué tout ça…"
Didier Reynders, un parcours foudroyant
MR. Né à Liège en 1958, Didier Reynders fait des études de latin-grec à l'Institut Saint-Jean Berchmans de Liège. Il est ensuite diplômé en droit (ULg) en 1981. Son parcours est foudroyant : il travaille comme élève-assistant avec des professeurs tels que François Perin par exemple et est repéré par Jean Gol, nommé alors vice-Premier ministre, ministre de la Justice et des Réformes institutionnelles. Il était à la recherche d'un juriste liégeois spécialisé en droit constitutionnel pour son cabinet. Ce sera Didier Reynders. Il deviendra dès 1987 son chef de cabinet. La machine politique était lancée… Président de la SNCB, député, chef de groupe, ministre des Finances, président du MR, vice-Premier ministre…
--> Demain : Maxime Prévot (CDH).