Laurette Onkelinx inspirée par Molière et Damien
Si elle a mis le cap sur Bruxelles en 2001, Laurette Onkelinx a vécu une jeunesse liégeoise. Très liégeoise même, tant son enfance et son adolescence paraissent imprégnées de la ville mosane, emblématiques de sa sociologie et de son histoire.
- Publié le 26-07-2015 à 16h20
- Mis à jour le 27-07-2015 à 10h57

Si elle a mis le cap sur Bruxelles en 2001, Laurette Onkelinx a vécu une jeunesse liégeoise. Très liégeoise même, tant son enfance et son adolescence paraissent imprégnées de la ville mosane, emblématiques de sa sociologie et de son histoire. Jusqu'à dix-huit ans, la future ministre habite une cité ouvrière d'Ougrée. Le quartier vit au rythme des cris d'enfants, des parties de cache-cache, des matches de football, où la petite Laurette joue "kèpère", comme on dit avec l'accent très cru.
Quand, en 1969, les Onkelinx achètent une télévision pour assister aux pas historiques de Neil Armstrong sur la Lune, la moitié de la rue accourt dans le salon familial pour profiter du spectacle. "L'enfance, c'est le contraire de la solitude, se remémore l'actuelle figure de proue de l'opposition PS à la Chambre. En même temps, je me sentais un peu différente. J'avais parfois besoin de me retirer." Pour assouvir son besoin d'intériorité, l'adolescente lit beaucoup. Molière, notamment, la fascine.

Cheveux longs, sabots et jupe gitane
A la maison, on parle français. Mais le père, délégué syndical, est un ouvrier flamand originaire du Limbourg. Et la mère, aux origines algériennes, est de nationalité française. Quant aux voisins, ils sont presque tous italiens. "Je me rappelle de gens très modestes qui, le dimanche, bichonnaient des voitures de sport m'as-tu vu. Mais je garde aussi le souvenir d'une fraternité exceptionnelle. Moi qui ai toujours vécu dans un milieu multiculturel, je n'ai jamais compris le racisme."
En 1976, après un détour aussi bref qu'infructueux par l'Ecole d'interprétariat de Mons, Laurette Onkelinx décide, seule, et à la grande fureur de son père Gaston, de revenir en Cité ardente pour entamer des études de droit. L'université vibrionne encore de la contestation soixante-huitarde. La jeune étudiante est raccord avec l'époque : cheveux très longs, sabots, jupes gitanes… Elle écoute Ferré, Brassens, Brel. Fréquente le Trou Pérette, repaire de la jeunesse alternative liégeoise. A la fin de ses études, elle ira même vivre en communauté, rue Saint-Joseph.
Ministre pendant 22 ans
Son engagement, alors, est davantage social que politique. Elle tient des permanences juridiques à destination des personnes défavorisées, passe des nuits comme bénévole dans des homes d'accueil pour femmes battues. Elle admire Angela Davis, l'héroïne du combat pour l'émancipation des Noirs américains. Plus singulier : elle voue une passion pour le Père Damien. "Cette façon d'être en rupture avec l'establishment religieux pour aller vivre avec les lépreux… J'ai trouvé ça sensationnel."
Entre-temps, Gaston Onkelinx a renoncé à son mandat syndical pour devenir échevin puis député PS. Avec Laurette, les discussions sont houleuses. "Mon père me semblait tellement mou par rapport à l'urgence sociale que je voyais autour de moi." Une décennie plus tard, sa fille deviendra à son tour députée PS, puis ministre pendant vingt-deux ans - un record.
Députée fédérale
PS. Laurette Onkelinx est née le 2 octobre 1958 à Ougrée. Après des études de droit, elle se lance en politique. Elle est élue députée pour la première fois en 1987, à la Chambre des représentants. En 1992, elle entame une longue carrière ministérielle : elle devient ministre fédérale de l'Intégration, puis, un an plus tard, elle est propulsée ministre-Présidente de la Communauté française. En 1999, elle revient au gouvernement fédéral, comme vice-Première ayant en charge, successivement, l'Emploi, la Justice et les Affaires sociales. Depuis octobre 2014, elle est chef du groupe PS, le premier parti d'opposition à la Chambre.
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