La ferme, les bois, la nature: les racines de Willy Borsus
Willy Borsus a grandi dans la ferme familiale, à Sinsin, et plus précisément dans le hameau de Mehogne. Dans la classe, unique, de l'école communale de Pessoux, il a fait toutes ses primaires avec le même instituteur, un homme au visage sérieux, exigeant, très rigoureux. Portrait.
- Publié le 24-07-2015 à 18h52
- Mis à jour le 26-07-2015 à 16h07
C'est une carte postale en noir et blanc, aux bords dentelés, comme on en faisait naguère. La façade de la maison Goffin-Germain, magasin d'alimentation générale, doublé de quelques tables de café, en bord de Nationale 4, à Jannée, affiche ses plaques émaillées "Boule d'Or", "Martini" et "Bières Artois". "C'est la maison de mes grands-parents maternels. Je suis né là, au premier étage. C'est l'adresse indiquée sur mon acte de naissance", indique Willy Borsus. Lui était forestier; elle tenait le petit café. Voir le jour dans un petit commerce ? Joli clin d'œil pour celui qui est devenu, 53 ans plus tard, ministre fédéral notamment en charge de classes moyennes, des indépendants et des PME.
Willy Borsus a grandi dans la ferme familiale, à Sinsin, et plus précisément dans le hameau de Mehogne. Dans la classe, unique, de l'école communale de Pessoux, il a fait toutes ses primaires avec le même instituteur, un homme au visage sérieux, exigeant, très rigoureux. Après la classe venait l'école des champs. "Mon enfance a été rythmée par le travail à la ferme, que j'ai toujours beaucoup aimé. La traite, le nourrissage, le vêlage…"

Faucher dans l'odeur du matin...
Il garde un souvenir très heureux de ce bon temps où on chargeait, à la main, les ballots de foin et où on terminait la journée de fenaison par une bonne fricassée avec les fermiers voisins. "Faucher dans l'odeur du matin et la première rosée, c'est toute mon enfance. J'ai la même tendresse pour les bois, les forêts. Ce sont mes racines."
Adolescent, il faisait ouvrier forestier comme job de vacances : il élaguait, plantait des sapins, travaillait dans les bois. Il n'était pas question de partir en vacances. Parce que la famille, modeste, n'en avait pas les moyens et parce qu'en été, ce n'est vraiment pas le moment de déserter la ferme.
Comment passe-t-on de cet attachement, profond, viscéral, à la terre, à la nature, à l'engagement politique ? "J'ai toujours eu un intérêt pour l'actualité et la vie du village, un goût personnel pour ce qui m'entoure. Beaucoup de choses politiques m'intéressent depuis longtemps." Willy Borsus se définit comme un libéral solidaire, très attaché à la liberté.

En plus de ses convictions, des éléments de circonstance ont aidé à ce basculement vers la politique. L'un remonte à l'enfance. Le papa de Willy, ouvrier forestier, travaillait chez le comte Charles Cornet d'Elzius, bourgmestre de Scy, le village voisin, élu pour la première fois député du Parti libéral en 1968 - Willy avait 6 ans. "Pendant les campagnes électorales, mon père s'investissait. On était embarqués pour coller des affiches et distribuer des gadgets comme des lattes, des bics…" - une autre époque. L'enfant suivait bien volontiers la caravane.
Autre élément déclencheur : la rencontre, au cours de ses études supérieures en sciences juridiques, avec un camarade qui lançait une section des étudiants libéraux. Willy Borsus devient président du cercle des étudiants libéraux de Namur. "C'était le premier pas d'un chemin dont je n'imaginais pas alors les étapes qui suivraient."
Ministre fédéral des Classes moyennes
MR Willy Borsus, également en charge des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale, est né le 4 avril 1962 à Pessoux. En 1988, il entre au conseil communal de Somme-Leuze, dont il est bourgmestre depuis 1995. Président du Conseil provincial de Namur (1995-2000) puis chef de groupe (2000-2004), il est député wallon de 2004 à 2014 avant d'entrer dans le gouvernement fédéral.
Lundi Laurette Onkelinx (PS)