Guerre en Ukraine : l'artillerie est au cœur de la bataille du Donbass
Une guerre intense d'artillerie se déroule dans le Donbass. Américains et Britanniques promettent des lance-roquettes de longue portée aux Ukrainiens.
- Publié le 06-06-2022 à 18h27
- Mis à jour le 26-08-2022 à 15h25

Le 78e anniversaire du débarquement des Alliés en Normandie est passé totalement inaperçu lundi, mais pas la guerre en Ukraine entrée dans une phase de combats intenses, territoriaux, dans la région du Donbass. Face à la politique de la terre brûlée menée par l'artillerie russe, les Ukrainiens continuent de se défendre avec acharnement et à se battre dans les rues de Severodonetsk, quartier par quartier. Si cette ville tombe, les séparatistes russes, soutenus par Moscou, pourraient prendre le contrôle total du bassin houiller du Donbass. Ils poussent également vers la ville de Sloviansk "pour tenter d'encercler les forces ukrainiennes", analyse le ministère britannique de la Défense. Les habitants quittaient la ville ce week-end. Ils ne sont plus que 30 000 sur un total de 100 000.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est rendu dimanche dans le Donbass pour encourager les troupes. Il s'est arrêté dans le sud, près de Zaporizhzhia dont l'armée russe, selon lui, voudrait s'emparer.
"Nous tenons bon (à Severodonetsk), mais ils sont plus nombreux et plus puissants", a reconnu M. Zelensky, lundi lors d'un point de presse à Kiev. Selon le président ukrainien, entre 10 000 et 15 000 civils se trouvent toujours terrés à Severodonetsk.
Face à cette offensive générale dans le Donbass, l'armée ukrainienne réclame des armes supplémentaires aux Occidentaux. "L'Ukraine a un besoin urgent d'armes capables de frapper l'ennemi à longue distance. Cela ne peut pas prendre du retard, car le prix du retard est celui de la vie des personnes qui protègent le monde du fascisme russe", déclarait, il y a une semaine, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Valeriy Zaluzhnyy.
L'appel a été - partiellement - entendu. Les États-Unis ont promis de livrer quatre systèmes Himars M142 de lance-roquettes multiples qui, selon le Pentagone, ont un rayon de 64 km, ce qui permettrait aux Ukrainiens de frapper avec précision l'artillerie russe sans être exposés à une réplique russe. Les douze canons automoteurs Caesar livrés par la France, et déjà en opération, n'ont une portée que de 40 km, ce qui oblige les artilleurs ukrainiens à se retirer de la position dès que les tirs ont été faits.
"Comme les tactiques de la Russie changent, nous aussi devons modifier notre soutien à l'Ukraine", a plaidé lundi le ministre britannique de la Défense. Ben Wallace a annoncé l'envoi de systèmes de lance-roquettes M270 "qui peuvent frapper des cibles jusqu'à 80 km avec une haute précision". Le Royaume-Uni se félicite dans un communiqué d'avoir été le premier pays à fournir des armes létales à l'Ukraine, : il a envoyé "des milliers de missiles anti-tanks, de systèmes anti-aériens et de véhicules blindés" à l'Ukraine.
Missiles sur des hangars à Kiev
Vladimir Poutine a réagi au quart de tour à ces nouvelles promesses occidentales. Il menace de "frapper des sites qui n'ont pas été visés jusqu'à présent". Les frappes sur des hangars de Kiev - la capitale épargnée depuis des semaines - semblent être de cette nature. Selon Moscou, ils abritaient dans la capitale des chars T-72 et des blindés fournis par des pays de l'Europe de l'Est.