Qui est Robert Barron, l'évêque qui veut fonder une communauté de prêtres pour évangéliser les réseaux sociaux ?
Cet évêque de 65 ans est le catholique le plus suivi en ligne, après le pape François.

- Publié le 21-01-2025 à 18h39

Dans la galaxie des influenceurs religieux qui cartonnent sur les réseaux sociaux, Robert Barron est le premier de cordée. Voici 25 ans que ce prêtre américain, nommé évêque en 2015, diffuse en radio puis en ligne ses sermons, réflexions, grands entretiens, articles… À travers sons site (Wordonfire.org), ses réseaux sociaux et Youtube (où il compte plus d'1,3 million d'abonnés), il est devenu le catholique le plus suivi en ligne, après le pape François. Invité dans de nombreux médias américains, le Congrès ou des entreprises telles Amazon, Facebook et Google, il multiplie les projets : livres, films, séries (sa première série Catholicism connut un grand succès), conférences, shows…
Ce 15 janvier, Robert Barron, âgé de 65 ans et actuel évêque de Winona-Rochester dans le Minnesota, a annoncé vouloir créer un ordre religieux de prêtres dédiés à l'évangélisation en ligne. Cette idée inédite (qui devra être avalisée à terme par le Vatican) peut paraître incongrue. Robert Barron l'ancre cependant dans l'histoire de l'Église et la création des ordres et congrégations religieuses qui répondaient aux défis de leurs temps. Les dominicains, pour ne citer qu'eux, avaient pour ambition d'évangéliser les villes naissantes des XII et XIIIe siècles.
Robert Barron affirme avoir avancé dans la rédaction de la règle de vie que devront suivre les prêtres de sa communauté (composée de trois à cinq prêtres et de trois à cinq novices à ses débuts), et a déjà obtenu un lieu pour les accueillir.
De sensibilité classique, Robert Barron s'appuie sur la philosophie réaliste de Thomas d'Aquin, et aime citer la pensée d'auteurs tels que Tolkien, Lewis, René Girard qui font partie de ses références et sont très lus dans les milieux conservateurs américains. Il compte donc bien poursuivre une de ses activités favorites : ferrailler avec la culture contemporaine. "Je viens de voir Conclave", écrivait-il par exemple sur ses réseaux, il y a quelques semaines, en évoquant le dernier film d'Edward Berger consacré à la succession d'un pape. "Si vous êtes intéressé par un film sur l'Église catholique qui aurait pu être écrit par le comité éditorial du New York Times [entendez : par la gauche progressiste NdlR], c'est le film qu'il vous faut. [Sinon] fuyez aussi vite que possible." Le ton, volontiers ironique, est donné.