Débâcle sur les places boursières asiatiques, l'Europe en forte baisse
Les craintes d'assister à un véritable choc pétrolier hante de plus en plus les esprits.

- Publié le 09-03-2026 à 07h56
- Mis à jour le 09-03-2026 à 09h56

C'est un sentiment de peur qui commence à gagner les places boursières de la planète alors que le conflit en Iran se durcit chaque jour un peu plus.
Ce lundi, au dixième jour de ce conflit, ce fût une véritable débâcle sur les places financières asiatiques et du Moyen-Orient. La Bourse de Tokyo a ainsi clôturé en chute de 5,19 % tandis que Séoul dévissait de presque 6 %.
Perturbations de l'approvisionnement
Le prix du pétrole s'est lui envolé à près de 120 dollars, sur fond de craintes de blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz au niveau mondial. L'or noir atteint ainsi son plus haut niveau depuis l'été 2022 à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI, référence du marché américain, s'est apprécié de 70 %, du jamais vu sur une période aussi courte", rappelait l'AFP ce matin.
L'envolée du pétrole alimente évidemment les craintes d'assister, en cas de conflit de longue durée, au retour d'une forte inflation, couplé à des problèmes d'approvisionnement en énergie et de perturbations des chaînes logistiques. Un cocktail qui pourrait plomber la croissance économique et hypothéquer les politiques des grandes banques centrales visant à réduire les taux d'intérêt. "Les perturbations de l'approvisionnement s'intensifient, les données de suivi des navires confirmant l'arrêt du trafic maritime", observait Lloyd Chan, de la banque MUFG et cité par l'AFP, parlant de "choc pétrolier".
"L'enjeu des prochains jours ou semaines va être de savoir si les États-Unis vont prendre le contrôle de l'île de Kharg. C'est une minuscule bande de terre, deux fois plus petite que Manhattan, nichée dans le nord du golfe Persique, à une heure de bateau des côtes iraniennes. On y trouve des gazelles et surtout des terminaux pétroliers qui exportent 90% du pétrole brut iranien", expliquait ce lundi matine dans une note Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
En Europe, l'ouverture des marchés boursiers a aussi êté marquée par un fort recul des indices. Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris lâchait 2,59 %, Francfort perdait 2,47 %, Londres 1,57 % et Milan 2,71 %. Du côté de Bruxelles, la tendance est similaire. Le Bel20 reculait de 2,54 %, à 5 063,01 points.