Pourquoi le géant américain BlackRock stresse les marchés financiers
Le plus gros gestionnaire d'actifs au monde a limité les retraits sur l'un de ses fonds. Certains y voient le début d'une crise de confiance.

- Publié le 09-03-2026 à 13h02
- Mis à jour le 09-03-2026 à 13h03

Sur les réseaux sociaux, les spécialistes du monde de la finance ont pas mal disserté ce week-end sur le sujet, certains y voyant même les signes précurseurs d'une nouvelle grave crise financière à venir.
Le sujet, c'est l'annonce par BlackRock avant le week-end du plafonnement des retraits de l'un de ses principaux fonds privé face à l'afflux des demandes. Une annonce qui a d'ailleurs provoqué vendredi dernier le recul de l'action BlackRock de 7,30 % et ravivé, dans le même temps, les craintes autour du secteur du crédit privé aux États-Unis. Des inquiétudes qui dans la foulée portaient aussi sur la liquidité et la solidité financière des autres grands acteurs du secteur, dont les cours étaient aussi sous pression vendredi à Wall Street.
Une crise de confiance ?
Si l'annonce a eu un tel écho dans le monde de la finance, c'est en raison de la taille qu'occupe BlackRock. Ce groupe n'est rien moins que le plus gros gestionnaire d'actifs au monde avec près de 12 000 milliards de dollars d'encours au 31 décembre 2024. Basé à New York, BlackRock fournit notamment des solutions d'investissement, de conseil et de gestion de risques de financement.
Bref, quand BlackRock s'enrhume, c'est tout le secteur de la finance qui éternue. Concrètement, BlackRock a limité vendredi dernier les retraits de son fonds HPS Corporate Lending Fund qui était confronté à 9,3 % de demandes de remboursement, soit 1,2 milliard de dollars. Le fonds a dès lors plafonné les rachats à 5 %, laissant près de la moitié des investisseurs sans accès à leur capital.
Dans ce type d'activités, la limitation des retraits n'a rien d'exceptionnel : c'est évidemment une condition pour assurer une stabilité financière aux acteurs actifs dans ce métier du crédit qui s'inscrit dans une perspective de long terme. Mais certains observateurs estimaient vendredi dernier que le pourcentage élevé d'investisseurs désirant retirer leurs billes était révélateur d'un début de crise de confiance aux conséquences financières incertaines mais potentiellement inquiétantes.
Incertitudes
D'autant que le contexte boursier est déjà fortement fragilisé par les conséquences de la guerre en Iran, les risques de relance de l'inflation sur fond d'envolée des prix du pétrole et du gaz ou encore les doutes sur la création d'une possible bulle autour des valeurs de l'intelligence artificielle.
Dans ce contexte, la moindre mauvaise nouvelle supplémentaire ou imprévu – ce que les spécialistes appellent un "cygne noir – peut être l'élément déclencheur de ventes massives.
Une chose est certaine : les investisseurs scruteront avec une certaine fébrilité les premières tendances à Wall Street en ce début de semaine.
