St-Feuillien investit 2 ans de chiffre d'affaires dans de nouveaux locaux : "La brasserie actuelle est encapsulée par les habitations particulières"
Une nouvelle bière en édition limitée est attendue à cette occasion.

- Publié le 23-02-2022 à 17h05

"Le projet est ambitieux, très ambitieux, mais réfléchi", souligne Dominique Friart, administratrice-déléguée de la Brasserie St-Feuillien.
Le projet ? Construire un nouveau site qui devrait être opérationnel en avril 2023, date à laquelle St-Feuillien célébrera les 150 ans de la Brasserie familiale fondée en 1873 par Stéphanie Friart au centre de Le Roeulx (Hainaut). Dont coût, près de 21 millions d'euros, dont un apport de 15 % en fonds propres.
"La brasserie actuelle est encapsulée par les habitations particulières", explique Edwin Dedoncker, directeur général. Difficile de repousser les murs pour adapter sa capacité de production aux projets de développements.
L'idée est donc de construire un nouveau site à l'entrée de la commune, où le dépôt est déjà installé, sans pour autant abandonner le siège historique promis à d'autres affectations.
Le projet va surtout permettre à la brasserie de prendre son sort totalement en mains. "Jusqu'à présent, l'embouteillage de nos bières était effectué à l'extérieur, principalement à la brasserie Roman située à Audenaerde. C'était parfois difficile de s'insérer dans le planning d'un tiers. Dans le futur, nous pourrons tout faire nous-même", précise Edwin Dedoncker, tout en rappelant que "100 % des bières sont brassées chez nous".
Chiffre d'affaires en hausse
"C'est un investissement costaud", poursuit le directeur général, correspondant à l'équivalent d'un peu moins de deux chiffres d'affaires annuels (12,9 millions en 2021, en hausse de 16,5 %).
L'ingrédient principal d'une bière reste bien entendu l'eau. Les amateurs de St-Feuillien peuvent être rassurés : "Nous continuerons à brasser nos bières en puisant dans la même nappe phréatique", témoigne Ann Friart, directrice de la production. "C'était le point élémentaire de notre plan de développement car l'eau a une grosse influence sur la qualité du produit fini".
Impact écologique
Ce déménagement va aussi permettre à la brasserie d'avoir une empreinte écologique moins forte, avec la fin des trajets vers Audenaerde des camions-citernes et le retour des bouteilles au Roeulx, l'installation d'une station d'épuration des eaux ou encore la pose de panneaux solaires pouvant couvrir 40 % des besoins énergétiques.
"Nous allons gagner en temps et de la flexibilité. Surtout, l'organisation actuelle n'était plus en phase avec nos objectifs de croissance", poursuit la Ann Friart, qui appartient à la 5e génération.
La croissance a en tout cas été au rendez-vous, l'année dernière, avec une production en hausse de plus de 17 %, passant du coup pour la première fois au-dessus de la barre des 50 000 hectolitres.
L'ambition est d'arriver à 130 000 hectolitres à l'horizon 2038, au terme de la durée de l'amortissement de la ligne de production, pour un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros.
Dans ce plan de développement, la St-Feuillien Grand Cru (9,5 % de degrés d'alcool), commercialisée depuis 2011, sera la pièce maîtresse. Elle représente actuellement 15 % des ventes, soit la 2e meilleure vente de l'ensemble des bières mais bien loin des 35 % de la St-Feuillien Blonde. La Triple (10 % des ventes), complète le trio de tête.
L'excellence
"Nous comptons sur une croissance annuelle à deux chiffres de la Grand Cru, qui devra surperformer la croissance globale de la production", ajoute Edwin Dedoncker. À terme, elle devrait représenter un tiers des ventes.
Cette bière de dégustation sera poussée dans l'horeca, porte d'entrée idéale pour la faire connaître à de nouveaux consommateurs.
La brasserie St-Feuillien va également pousser la Five, commercialisée depuis 2019, dans l'Horeca, cette fois pour toucher un autre segment de consommateurs vu son degré d'alcool plus faible (5 %).
La Belgique a représenté 53 % des ventes l'an dernier, avec un marché à l'export se concentrant sur la France (62 % du total) et les Pays-Bas (21 %), qui a doublé sa part de marché en un an.
Au-delà des différents projets, un maître-mot revient souvent, celui de qualité. "Nous avons créé un poste de recherche et développement car la recherche, c'est aussi l'amélioration continue de la qualité", note encore le directeur général. "Nous visons l'excellence".
Ce sera en tout cas l'objectif de la bière prévue en 2023 pour le 150e anniversaire de la brasserie. "Ce sera une édition très limitée". Un premier essai a déjà eu lieu. D'autres suivront encore.
