Des éoliennes pour faire rouler les trains

En 2018, Infrabel sera directement alimenté par vingt-cinq éoliennes.

Laurent Lambrecht

C'est dans le village de Gingelom, le long d'un des nombreux chemins de remembrement qui traversent cette localité du Limbourg, que sont en train de s'élever les premières éoliennes de Greensky. Porté par Electrabel (50 %), Infrabel (10 %), la Ville de Saint-Trond (23 %) et IBE (17 %), ce projet vise à alimenter en électricité les lignes SNCB Louvain-Liège et Landen-Hasselt ainsi que le Thalys entre Louvain et Liège.

A Gingelom, deux éoliennes ont déjà été montées. Ce jeudi matin, un grutier était occupé à assembler, sous la pluie, une partie du mât d'une troisième éolienne. Lorsque les sept moulins à vent de Gingelom seront érigés, Greensky s'attaquera à Orp-Jauche, Hélécine, Lincent, Hannut et, enfin, à Landen. Au total, l'investissement dépassera les 60 millions d'euros. Huit éoliennes pourraient s'ajouter si les demandes de permis aboutissent.

L'originalité du projet est que l'électricité produite par ces vingt-cinq éoliennes sera directement injectée sur un poste haute tension appartenant à Infrabel et situé à Avernas, un village proche de Hannut. "Pour Greensky, l'avantage est qu'il n'y a pas besoin de construire un nouveau poste haute tension , explique Richard Marcelis, chef ingénieur d'Infrabel. Cet investissement peut se chiffrer en millions d'euros."

Infrabel est aussi gagnant

Un autre avantage est que l'électricité produite pourra être consommée par Infrabel. Car il n'est pas toujours évident, pour un projet éolien, de trouver un réseau suffisamment puissant pour accueillir l'électricité. "Regardez ces trois éoliennes , ajoute Richard Marcelis, en pointant trois unités d'EDF situées à quelques kilomètres, dans le village de Berloz. A tour de rôle, l'une des trois ralentit car le réseau ne peut absorber toute l'énergie produite."

En moyenne, 2/3 de l'électricité de Greensky servira à alimenter les lignes ferroviaires situées le long de l'E40 Bruxelles-Liège. L'électricité arrivera en 36 kilovolts et sera transformée au poste haute tension d'Avernas. En 3 kV pour alimenter une ligne classique, en 25 kV s'il s'agit d'une ligne TGV.

Si Infrabel rappelle que le développement durable fait partie de son contrat de gestion, l'entreprise publique y trouvera aussi son compte financièrement. "Il est certain que nous ne perdrons pas d'argent , précise Richard Marcelis. Greensky nous paiera une redevance annuelle pour utiliser le poste d'Avernas et nous paierons notre électricité moins cher."

Etant donné que les éoliennes seront directement reliées à son poste haute tension, Infrabel économisera une partie des frais de transport que facture habituellement le gestionnaire de réseau Elia. Mais pas tous les frais. "Nous avons quand même besoin d'Elia pour fonctionner , explique Richard Marcelis . Quand les éoliennes produiront trop, il faudra injecter le surplus sur le réseau. Quand il n'y aura pas assez de vent, nous prélèverons le manque sur le réseau. Nous sommes toujours en discussion au sujet de la réduction qui sera appliquée sur les frais de transport. C'est un nouveau cas de figure et la Creg est impliquée dans le processus."


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