Deux Liégeois sont bloqués à bord du Zaandam, dans lequel quatre personnes sont mortes à cause du coronavirus
Quatre personnes sont décédées sur le bateau, près de 200 sont infectées.

- Publié le 31-03-2020 à 15h18
- Mis à jour le 31-03-2020 à 22h10
Quatre personnes sont décédées sur le bateau, près de 200 sont infectées.
L'histoire de Damien, 36 ans de Liège et de son père Gianni, c'est celle d'un voyage paradisiaque qui se transforme en un véritable cauchemar. Un mauvais rêve dont ils ne voient pas la fin… Depuis plus de trois semaines en effet, le Liégeois et son père sont, comme 1827 autres passagers, "prisonniers" de leur bateau, le Zaandam. Ils ont quitté Buenos Aires alors que l'épidémie de coronavirus Covid-19 commençait à se répandre… et aujourd'hui, ils sont "confinés" dans leurs cabines, avec interdiction de circuler. Dans le bateau, on dénombrait déjà 4 décès ce lundi 30 mars ainsi que 193 personnes infectées, 76 vacanciers et 117 membres de l'équipage.
Aujourd'hui, le paquebot a toutefois pu franchir le canal de Panama, sous haute surveillance mais il "coince" encore au large de la Floride où l'on craint de voir débarquer… le virus.
"C'est le 8 mars dernier que mon compagnon et mon beau-père ont pris le bateau, ils devaient relier Buenos Aires à Santiago au Chili en contournant l'Amérique Latine", nous explique aujourd'hui Chloé, qui tente tant bien que mal de rester en contact avec Damien. "Cela devait durer deux semaines mais avec l'épidémie, tous les ports se sont fermés petit à petit".
Rattrapé par l'épidémie en effet, le Zaandam, bateau de la compagnie Holland America, a vu les ports d'Amérique latine se fermer un à un. Il faut dire qu'à bord, des cas de Covid-19 se sont vite révélés. Et la pandémie de gripper le monde entier en parallèle. "Depuis 10 jours maintenant, mon compagnon et son père sont confinés dans leur cabine, ils ont pu sortir une fois sur le pont mais c'était trop compliqué. On leur dépose leur repas devant la porte, c'est tout.".
Selon Chloé, ils ne manquent de rien, "si ce n'est de communication". L'incertitude pèse… "Le capitaine a quand même précisé qu'il était de son devoir en tant que capitaine et être humain de ramener les passagers chez eux".
Petite lueur d'espoir, après d'intenses négociations, le Zaandam a pu traverser le canal de Panama, sous haute surveillance, "avec pour ordre de ne pas ouvrir les fenêtres". En outre, un autre bateau affrété par la compagnie Holland America, le Rotterdam, a pu décharger du Zaandam la moitié des voyageurs environ, ceux qui n'étaient théoriquement pas infectés. Les bateaux font donc trajet vers la Floride mais, ici aussi, leur arrivée n'est pas souhaitée.
"Nous pouvons envoyer du personnel soignant mais nous ne souhaitons pas que les passagers débarquent", ont clairement fait savoir les autorités en Floride. Orlando Ashford, président de Holland America Line, a appelé à un port pour faire preuve de "compassion et de grâce" en permettant aux passagers du paquebot de croisière Zaandam et de son navire-jumeau, le Rotterdam, de revenir à terre…
Sur le bateau, on compte de nombreux Français mais aussi des Australiens, des Anglais… et quelques Belges. "Je viens d'avoir des nouvelles des affaires étrangères qui sont bien au courant et travaillent activement au dossier, c'est encourageant", nous précisait encore ce mardi midi Chloé.
