Capitale européenne de la culture 2030 : en concurence avec Namur et Louvain, Molenbeek reçoit le soutien de tous les partis bruxellois
La course à l'obtention de la capitale européenne de la culture 2030 bat son plein

- Publié le 05-06-2025 à 20h02

Trois villes belges, issues de trois régions différentes, se disputent le titre de capitale européenne de la culture (CEC) 2030: Namur, Louvain, et Molenbeek. La décision finale du jury européen est attendue en septembre 2025.
La concurrence s'annonce rude entre la capitale de la Wallonie, la cité universitaire flamande et la commune populaire bruxelloise. Les Bruxellois, cela mérite d'être souligné, semblent désireux de mettre toutes les chances de leurs côtés. Le député Mounir Laarissi (Les Engagés) a déposé au Parlement bruxellois une proposition de résolution appelant à soutenir la candidature de "Molenbeek for Brussels 2030".
Fait marquant : cette proposition a été cosignée par un large panel de partis, du MR au PS, en passant par Groen, Défi, la Team Fouad Ahidar et Vooruit.
Alors que la Région Bruxelles-Capitale échoue, depuis un an, à former un gouvernement bruxellois, les partis sont parvenus à s'entendre. Dans le contexte actuel, c'est un fait marquant.
Ce soutien transpartisan envoie un signal fort à l'Europe. L'idée, à travers ça, c'est aussi de créer du lien. Et de rappeler que quand nous avons une ambition collective, on peut encore se réunir pour travailler dans l'intérêt des Bruxellois".
"Aucun parti n'a refusé de soutenir le texte, qui ne pouvait réunir que 10 signatures. Ce soutien transpartisan envoie un signal fort à l'Europe. L'idée, à travers ça, c'est aussi de créer du lien. Et de rappeler que quand nous avons une ambition collective, on peut encore se réunir pour travailler dans l'intérêt des Bruxellois", affirme Mounir Laarissi, député bruxellois et ancien échevin de la commune de Jette.
Chaque année, depuis 1985, une ou plusieurs villes sont désignées pour programmer douze mois d'événements, censés souligner la diversité culturelle du continent et les capacités de transformation sociale qu'offre la création artistique. Les partis bruxellois semblent y voir une opportunité d'ampleur pour la capitale.

Une question se pose d'emblée : Molenbeek ne risque-t-elle pas de payer, auprès du jury, sa mauvaise réputation et sa situation politique locale délétère ?
"Faire rayonner Bruxelles"
"Je vois les choses différemment. Le choix de Molenbeek s'est justement fait après les attentats de 2016, dont on se relevait à peine. Nous nous sommes dit qu'un projet culturel mobilisateur pouvait être une opportunité énorme pour faire rayonner tout ce qu'on défend à Bruxelles : la diversité, le mélange socio-économique, avec la culture comme moteur d'émancipation et de création de liens", souligne Mounir Laarissi. "La commune ne sera pas seule à gérer: la Région sera présente à chaque étape du projet, et il y a aussi l'ASBL Brussels 2030 qui pilote le tout. Plus largement, nous avons tous intérêt à ce que Molenbeek soit sélectionnée comme capitale 2030. Cet évènement donne un rayonnement énorme, avec des impacts sociaux et économiques importants. Ce serait aussi un gros coup de boost pour le nord-ouest de Bruxelles. Il serait extrêmement dommage de passer à côté de cette opportunité qui aura lieu l'année du bicentenaire de la Belgique, et offrira donc un double rayonnement à Bruxelles".
Le député Bruxellois considère comme un atout ce qui est parfois présenté comme une faiblesse. "Ce qui est promu dans le dossier de Molenbeek, c'est un projet urbain qui transcende les clivages politiques, la solidarité, la justice climatique, et l'ouverture sociale à travers la culture. On transformera ainsi ce passé fragmenté qui véhicule une image négative, en valorisant au contraire une communauté diverse, et créative. L'idée est de rayonner aussi au-delà de Molenbeek, dans les communes environnantes."
La proposition de résolution demande au Gouvernement bruxellois d'inscrire 40 millions d'euros au budget, à engager entre 2026 et 2032 pour soutenir la mise en œuvre du projet.
La candidature ne risque-t-elle pas, in fine, de faire les frais de la politique de réduction des dépenses que devra mener le prochain gouvernement bruxellois ? "Ces 40 millions d'euros seront étalés jusqu'à 2032 et ils ne seront engagés que si la candidature de Molenbeek l'emporte", précise Mounir Laarissi. "Le budget total du projet s'élève à 80 millions d'euros mais une bonne partie sera financée par le fédéral, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Flandre. Et puis, quand on gère un budget, il ne faut pas voir que les dépenses, il y a aussi les recettes. Ce genre de projet engendrera 4,5 ou 6 fois plus de retours que de coûts."