Les atouts sont du côté de Justine Henin
- Publié le 06-07-2006 à 00h00
On a souvent écrit que la spécialité de Henin était la terre battue. Ses trois titres à Roland Garros confirment certes sa qualité de terrienne mais on oublie un peu vite que la Rochefortoise a disputé sa première finale de Grand Chelem à Wimbledon, en 2001 face à Venus Williams. L'année de son premier titre à Roland Garros, en 2003, elle enchaînait d'ailleurs avec une demi-finale londonienne, où elle s'inclina devant une autre Williams, Serena.
Techniquement, elle dispose de toutes les armes pour briller sur gazon. Surtout depuis que sa première balle de service est quasiment au niveau des meilleures (si pas en vitesse, du moins en précision) et que son coup droit lui permet de dépasser ses rivales. Sa volée ne constitue toujours pas son meilleur atout mais elle n'est pas pour autant maladroite et, sur gazon, il suffit souvent d'une seule touche de balle au filet pour conclure un échange.
Si, tennistiquement, Henin est sans aucun doute la joueuse la plus complète du circuit, elle est devenue, au fil du temps, la plus forte en terme de mental. Cette assertion mérite cependant un éclaircissement. Assez curieusement, la Rochefortoise donne souvent la sensation de ne pas croire en ses possibilités. Il lui arrive fréquemment, en cours de match (surtout lorsqu'elle domine une rivale) de laisser filer quelques jeux et de laisser revenir son adversaire au score. C'est à ce moment qu'elle parvient à faire abstraction de tous les doutes. Elle lâche alors des revers inouïs lorsque la plupart des tenniswomen ont tendance à se retenir, vu l'importance du moment et de l'enjeu.
Cet avantage mental, Justine le possède davantage encore face à Kim Clijsters. Non seulement, cette dernière a souvent échoué face à sa compatriote dans le cadre d'une compétition majeure mais, surtout, elle ne l'a plus battue depuis l'année dernière et le tournoi de Toronto, à une période ou Henin n'était pas au top.
L'autre élément qui ne fait qu'accentuer cette domination psychique, vient du fait que Clijsters
a décidé de voyager sans coach depuis le début de l'année. Manifestement, cette absence de mentor lui laisse un peu trop de liberté et on ressent une espèce de vide lorsque la Limbourgeoise est sur le court. Ne sachant trop à qui se vouer, elle perd souvent le fil de ses matches et ne parvient que rarement cette année à redresser la barre. Est-ce à dire que ce vingt-deuxième duel sera de la même nature que le vingtième qui vit Henin défaire Clijsters facilement en demi-finale de Roland Garros? Il serait dangereux de l'affirmer car, en un match, tout peut arriver. Reste que, sur papier, tous les atouts sont manifestement dans le sac de la troisième joueuse mondiale. Surtout si, comme à Paris, celle qui la précède au classement monte sur le central persuadée qu'elle en sortira en vaincue.
© La Libre Belgique 2006
