Intelligence artificielle et dopage : à qui profitera le crime ?
L'autre regard de Miguel Tasso.

- Publié le 27-02-2024 à 08h25

Lors des derniers Jeux de Tokyo en 2021, les cas de dopage avérés avaient été relativement rares, un peu comme si les contrôles positifs se concentraient sur le Covid ! Qu'en sera-t-il à Paris 2024 ? Naïvement, on pourrait imaginer que les athlètes sont plus propres qu'autrefois. Il est peu probable que ce soit le cas. Chacun sait en effet que les voleurs ont généralement une longueur d'avance sur la police. Et que si les tests de dépistage sont de plus en plus pointus, l'inventivité et les ressources scientifiques des fraudeurs sont sans limites. Les récentes confidences de Lance Armstrong en disent long sur le sujet.
L'Américain, déchu de ses sept victoires au Tour de France, a confié qu'il s'injectait des doses d'EPO qui – abracadabra ! – disparaissaient de son sang après quatre petites heures ! C'est, hélas, dans la nature humaine de tricher pour gagner. On le constate au niveau de la finance, de la politique, des affaires avec la corruption pour fil rouge.
Le sport n'a jamais échappé pas à cette règle. Des manuscrits révèlent que lors des Jeux de l'Antiquité des athlètes grecs avaient déjà recours à des extraits de substances animales – le plus souvent de taureaux – pour améliorer leurs performances. Bref, rien n'a changé. Il est possible que l'intelligence artificielle permette à l'avenir de confondre plus facilement les fautifs. Mais, revers de la médaille, elle pourrait surtout faciliter la création de nouveaux produits indétectables. Citius, altius, fortius.