Le village de Tilff se mobilise contre l'expulsion d'une famille

- Publié le 24-10-2018 à 07h49

Sarah et ses deux enfants sont menacés d'expulsion.Des enfants en larmes, des parents consternés, une autorité locale motivée, Sarah, sa fille Aïchatou (5 ans) et son fils Mohamed (8 ans) ont reçu énormément de marques de soutien lorsque la nouvelle est tombée : l'Office des étrangers refuse de les régulariser et prévoit donc de les renvoyer en Côte d'Ivoire.
Pourtant, la menace en cas de retour est réelle. Sarah a été victime de mutilations génitales et sa fille, de par la volonté de sa belle-famille, subira le même sort. "Je m'y refuse, sanglote Sarah, et si nous sommes mis de force dans un avion, je préfère encore qu'il explose en plein vol !"
Mais la famille peut compter sur le soutien sans faille de tout le village de Tilff (Esneux). Il faut dire que la famille y est particulièrement bien intégrée.
"Mme Kaba et ses deux enfants sont arrivés en Belgique en juillet 2014, explique Bernard Marlier, le président du CPAS d'Esneux. Ils résident depuis décembre 2014 au sein d'un logement provenant d'une Initiative locale d'accueil. Depuis lors, Mme Kaba et ses deux enfants ont tout fait pour vivre harmonieusement chez nous. Sarah a réussi une formation d'aide-soignante et ses deux enfants sont scolarisés à l'école communale de Tilff."
Pourtant, malgré tous ces efforts, l'Office des étrangers s'est montré inflexible, estimant sans doute que des mutilations génitales pour une gamine de 5 ans ne constituaient pas une mise en danger suffisante.
Des recours ont été introduits et tous se sont avérés vains. Du coup, une pétition a été lancée et a rassemblé plus de 1 500 signatures. Mardi matin, une centaine de parents, une cinquantaine d'enfants de l'école communale avaient décidé de venir au château de Tilff pour supporter la famille lors d'une conférence de presse. Les enfants étaient en larmes et les parents dépités.
Il reste une chance
Mais la famille et les soutiens de Sarah ne renoncent pas pour autant. "Il nous reste une chance, c'est que Sarah puisse prouver qu'elle décrocherait un travail si elle obtenait sa régularisation. Cela doit quand même être possible ! On demande des aides-soignantes partout, nous avons un hôpital et une maison de repos rien que sur le territoire communal."
Mais si rien ne change, la famille, après quatre années de présence en Belgique, devra quitter son logement en fin de semaine et rejoindre un centre de retour pour être envoyée en Côte d'Ivoire. Il y a urgence !