Marchin: valoriser la rivière du Hoyoux
Une coopérative regroupant des habitants du Condroz y travaille.
- Publié le 15-05-2015 à 05h40
- Mis à jour le 15-05-2015 à 06h38

La coopérative Condroz énergies citoyennes a été retenue dans le cadre du projet européen Restor hydro, qui vise à promouvoir les projets hydroélectriques en favorisant la restauration d'anciennes installations comme des roues à eau ou encore des barrages hydrauliques.
C'est en pariant sur le potentiel de la rivière du Hoyoux en la matière que la coopérative a pu obtenir une aide au développement de ces projets qui avaient déjà été étudiés par le groupe d'action local du pays des Condruses.
Deux des sites choisis pour bénéficier de ce programme sont situés en province de Liège : l'un est à Clavier et concerne la roue à aubes du village de Les Avins (lire ci-contre). L'autre se situe à Marchin. Il concerne la centrale hydroélectrique Maseyek qui est située sur le site de TDM (ArcelorMittal). Dans les deux cas, les outils qui doivent être valorisés appartiennent à des sociétés avec lesquelles la coopérative a déjà conclu des contrats spécifiant le rôle des parties. "En ce qui concerne Marchin, ArcelorMittal soutient le projet. C'est très positif dans le contexte actuel", explique Steve Francis, membre de la coopérative et chargé de la communication.
Un outil de production d'électricité verte
Grâce à l'aide européenne, des études ont pu être lancées. Il est prévu d'utiliser le barrage existant sur le site de TDM pour produire de l'électricité. "Grâce à ce barrage, ArcelorMittal prend de l'eau nécessaire au refroidissement dans son activité", explique encore Steve Francis. L'adaptation de ce barrage déjà existant permettra à terme de produire de l'énergie verte qui sera injectée sur le réseau. "Il ne s'agit pas ici de permettre à Arcelor d'être autonome. Le site est relié directement à Tihange. La production ne constituerait qu'une infime partie de ses besoins", continue-t-il.
Au-delà de ces projets phares, la coopérative Condroz énergies citoyennes est avant tout un groupe de citoyens condrusiens qui s'investissent dans des projets d'énergie renouvelable en milieu rural.
Le projet de restauration de la roue de Les Avins a déjà bien avancé
Des projets retenus, il y en a un qui devrait se concrétiser plus rapidement que les autres : il s'agit de la restauration de l'ancienne roue à aubes Sagebien du village de Les Avins dans la commune de Clavier. "On a fait l'étude. On va rénover la roue à aubes et coupler ça avec un générateur électrique", précise Steve Francis. De la sorte, le site de la compagnie intercommunale des eaux de la source de Les Avins (Ciesac) obtiendra son autonomie énergétique.
Mais au-delà de l'aspect énergétique, la démarche, qui est déjà actée dans un contrat alliant la coopérative et la Ciesac, a aussi un intérêt en terme de sauvegarde du patrimoine. "Ce site est très beau. On va essayer de respecter la roue en la rénovant tout en conservant son aspect", ajoute Steve Francis. Ce dernier est conscient du caractère unique de cette roue à aubes en bois qui fait 9,20 mètres de diamètre, un diamètre rare. "Jusque dans les années 70, cette roue a assuré le pompage de l'eau des captages jusqu'aux réservoirs à eau", raconte-t-il.
Le projet alliera deux objectifs
Le dossier concernant la demande de permis est déjà initié. Les membres de la coopérative ignorent encore quand les travaux pourront débuter. Reste que si cette réalisation n'est pas celle qui permettra la plus grosse production en électricité, elle a une certaine symbolique : elle alliera les objectifs de la restauration et de production d'électricité. Mais pour concrétiser ce projet, la coopérative a besoin d'argent.
3 questions à Steve Francis
Membre de la coopérative Condroz énergies citoyennes active dans l'hydroélectricité et la biométhanisation agricole.
Quels sont les domaines d'action de cette coopérative ?
"La coopérative Condroz énergies citoyennes est active essentiellement dans l'hydroélectricité et la biométhanisation agricole. Depuis la fin 2013, au départ du GAL Pays des Condruses (groupe d'action local) on a décidé de mettre en place une coopérative."
Depuis quand existe-t-elle réellement ?
"On a passé les actes devant le notaire le 3 novembre 2014. On a créé cette coopérative avec 20000 € de capital."
C'est possible d'être rentable et mener à bien les différents projets ?
"La coopérative est une société. Ce n'est pas une ASBL. On a certes un objectif patrimonial mais aussi un objectif lucratif."