Le conflit israélo-palestinien s'invite à l'ULB: "Je ne suis plus en sécurité sur le campus parce que je suis juif"
Après l'agression d'étudiants juifs mardi soir sur le campus de l'ULB, 500 personnes ont dénoncé la montée de l'antisémitisme.
- Publié le 10-05-2024 à 20h09
- Mis à jour le 11-05-2024 à 10h44

"Non, non, non à l'antisémitisme !", scande la foule devant le siège de l'Université Libre de Bruxelles vendredi fin d'après-midi. De tout âge, quelque 500 personnes ont demandé la fin de l'occupation du bâtiment B par une centaine de pro-palestiniens et dénoncé l'antisémitisme sur le campus.
"Depuis le 7 octobre, incident sur incident sont dénoncés auprès des autorités. C'était prévisible qu'une agression se produise", déclare Gad Deshayes, co-président de l'Union des Étudiants Juifs de Belgique (UEJB) qui a organisé le rassemblement pacifique. "Je ne me sens plus en sécurité du tout depuis que je me suis fait agresser mardi soir par des manifestants pro-palestiniens ! C'est très inquiétant."
Et il n'est pas le seul à craindre pour sa sécurité. Chelsea, étudiante à l'ULB, n'a jamais affiché son judaïsme pourtant elle ressent "une atmosphère de haine" à l'égard des juifs. "Je ne peux pas être fier de mes origines car se montrer en tant que juif ou israélien est impossible. On est là pour défendre notre identité", lâche Théo. "J'ai vu des tags horribles, il y a une diabolisation de l'UEJB qui n'est pas à confondre avec une critique sur l'Israël", renchérit Elias. Ellyn, étudiante non juive en psychologie, a vu passer des propos sur les groupes WhatsApp. "Le fils d'une amie de mes parents à peur d'aller à l'uni pour ses examens ! C'est intolérable." Léo est en secondaire mais ce qu'il entend et voit lui fait craindre le pire. "Être juif est dangereux à Bruxelles. Il y a des limites qui sont dépassées et il faut dire non."

Comme les étudiants présents, des anciens de l'ULB ne se retrouvent plus dans les valeurs de l'ULB. "J'étais présente mardi lors des incidents et la haine que j'ai ressentie… Il faut réagir", affirme Ariane Abramowicz.
Tout s'est passé dans le calme. Il faut dire que le rassemblement était bien encadré : la police et la sécurité veillaient au grain. "On a toujours été protégé mais la sécurité est renforcée ces derniers temps", constate Theo.
L'ULB a annoncé mercredi qu'elle porterait plainte après les violences survenues sur le campus. La rectrice Annemie Schaus a fait savoir qu'elle maintiendrait la venue de l'ex-ambassadeur d'Israël malgré la demande de l'Université populaire de Bruxelles qui occupe le bâtiment B. "Je ne céderai pas, ni aux intimidations, ni aux pressions, ni aux menaces. Elie Barnavi sera à mon invitation présent à l'Université le 3 juin prochain", écrit-elle sur LinkedIn.
