"La politesse fait partie de l'éducation de base et les policiers n'en sont pas exemptés": le plan du nouveau chef de corps de la zone Ouest pour réconcilier police et citoyens à Molenbeek
interview Le nouveau chef de corps de la zone Ouest Luc Ysebaert nous accorde sa première interview.

- Publié le 12-02-2021 à 07h28
- Mis à jour le 12-02-2021 à 08h23

Des policiers intègres. Respectés mais respectueux aussi. C'est ce que veut le nouveau patron de la zone de police Ouest, celle qui recouvre les territoires de Molenbeek, Koekelberg, Jette, Berchem-Saint-Agathe et Ganshoren. Loin de Luc Ysebaert l'idée de dire que ce n'est pas le cas de la police aujourd'hui. Mais pour le commissaire-divisionnaire devenu chef de corps il y a tout juste trois semaines, rétablir le lien entre les citoyens et la police passe entre autres par la mise en place d'un plan d'intégrité.
On sent l'ancien policier de terrain attaché au dernier challenge de sa carrière démarrée en 1982 à Bruxelles, dans une ville dont il connaît toutes les spécificités et les difficultés qui en découlent.
" La première chose à faire pour améliorer la situation sur le terrain, c'est de travailler à restaurer le lien avec les citoyens et la jeunesse. On doit être plus présents dans les comités de quartier pour expliquer nos activités et justifier certaines actions, écouter les doléances mais on doit aussi travailler à notre propre manière de fonctionner. L'intégrité c'est quelque chose de très important et la police doit intervenir de manière légitime, efficace et courtoise. La politesse fait partie de l'éducation de base et les policiers n'en sont pas exemptés. Il y a un travail à faire autour de cela pour réapprendre à se parler mieux et autrement. On va donc développer un plan sur l'intégrité avec l'intégration de la diversité et des outils pour mieux mettre en pratique le code de déontologie auquel les policiers sont tenus. "
Chaque policier équipé de bodycam
Et pour éviter les incidents sur le terrain, le nouveau chef de corps mise beaucoup aussi sur les bodycams. "Elle permet d'objectiver le contexte d'une intervention, dans l'intérêt de tous. Nous en disposons de 40 actuellement et 32 nouvelles caméras vont arriver cette année. J'aimerais que chaque policier puisse à l'avenir en disposer."
Dans l'amélioration des relations avec les citoyens, Luc Ysebaert compte aussi sur les futures recrues. " Nous allons pouvoir les choisir sur le marché du travail avant de les envoyer à l'école de police. Il faudra être très attractifs et nous mettrons notre modèle d'autonomie sur le terrain en avant. Chez nous les policiers le sont vraiment, c'est un plus. On veut recruter des Bruxellois pour renforcer la proximité avec les citoyens ", ajoute le chef de corps avant de nous parler de la criminalité et du terrorisme sur le territoire qu'il gère désormais.
La chasse aux dealers s'intensifie
Trafic de stupéfiants, violences intrafamiliales et vols dans les voitures. Voilà les trois formes de criminalité sur lesquelles travaille prioritairement le nouveau chef de corps de la zone Ouest. "Le deal de rue augmente parce que nos actions et constats sur le terrain se multiplient. Pour ce qui est de la violence intrafamiliale, les disputes entre époux dégénèrent de manière particulièrement importante mais cela s'explique aussi par la situation qui découle de la crise sanitaire et par certains facteurs sociaux comme des dépendants aux drogues ou à l'alcool. En ce qui concerne les vols dans voiture, cela augmente depuis très peu de temps et on suit le phénomène. De plus, la sécurité de tous les usagers de la route est aussi une préoccupation importante pour nos policiers", termine Luc Ysebaert.