Cherche enfants amputés d'un membre pour leur offrir une prothèse de sport (VIDEO)
Débordant d'énergie, Mathis ne tient pas en place. Dans la salle, il court d'un bout à l'autre, bondit des genoux de papa à ceux de maman. Le sourire omniprésent. Le gamin, qui aura bientôt 8 ans, se rêve plus tard champion de triathlon." Il est déjà inscrit dans un club d'athlétisme et dans un autre de natation, nous dit fièrement Jorchen, son papa. Il a tout le temps envie d'être le meilleur. La semaine dernière, il s'est classé septième sur 70 participants à une compétition d'athlétisme".
- Publié le 31-01-2018 à 17h53
- Mis à jour le 02-02-2018 à 13h59

Débordant d'énergie, Mathis ne tient pas en place. Dans la salle, il court d'un bout à l'autre, bondit des genoux de papa à ceux de maman. Le sourire omniprésent. Le gamin, qui aura bientôt 8 ans, se rêve plus tard champion de triathlon."Il est déjà inscrit dans un club d'athlétisme et dans un autre de natation, nous dit fièrement Jorchen, son papa. Il a tout le temps envie d'être le meilleur. La semaine dernière, il s'est classé septième sur 70 participants à une compétition d'athlétisme".
Et alors? Alors, le petit sportif, qui courait au milieu d'enfants valides, a été amputé à l'âge de 18 mois d'une jambe, en-dessous du genou. Aujourd'hui, s'il peut faire du sport comme tous les enfants de son âge, et parfois même mieux encore, c'est grâce à une prothèse sportive qui lui a été offerte par l'association Androïd 34, qui s'est fixé pour objectif d'"aider les enfants amputés ou présentant des déficiences de membres supérieurs et/ou inférieurs en leur fournissant un équipement prothétique de qualité qui va leur permettre de pratiquer leur sport préféré".
Une belle histoire
L'idée, elle est née dans la tête de Cédric Lescut. Golfeur professionnel, il a été victime en 2011 d'un accident de moto qui l'a vu amputé d'une partie de sa jambe droite. " Un drame pour le grand sportif qu'il était, nous raconte son beau-frère. Nous avons tous craint qu'il sombre. Lorsqu'il est sorti du coma, nous lui avons montré la vidéo d'un golfeur amputé qui s'était remis au golf. On s'est dit que le sport pouvait être une thérapie". Et de fait, après une période de rééducation, Cédric remontera assez vite sur les fairways, équipé d'une prothèse de sport qui lui avait été offerte à l'époque. Convaincu que le golf lui a sauvé la vie, comme il dit, Cédric est décidé à tout faire pour donner à d'autres, des enfants en particulier, la chance qu'il a eue en se voyant doté de cette lame.
C'est ainsi qu'en 2014 naît l'association Androïd 34 qui, dans un premier temps va aider les personnes à mobilité réduite à pratiquer le golf. Avec le projet "Octopus", l'association entend à présent appareiller un maximum si pas tous les enfants du pays - ils seraient 237 à être amputés d'un membre - de cette prothèse de sport.C'est en effet l'objectif "ambitieux mais pas irréaliste" que s'est fixé l'association.

Que les candidats se fassent connaître!
Si la prothèse de marche est remboursée par les mutuelles dans notre pays, celle qui permet de faire du sport ne l'est pas. Or, elle coûte au minimum 7000 euros. Grâce à un partenariat avec la société Vigo, l'handigolfeur professionnel a réussi à négocier la prothèse au prix unitaire de 5000 euros. Comme les prothèses doivent être réajustées régulièrement suivant la croissance de l'enfant, cet appareillage devient vite inabordable. Aussi l'idée est-elle venue de constituer une réserve de lames de tailles différentes que les enfants bénéficiaires pourront s'échanger entre eux. A ce jour, le projet a déjà permis d'équiper 14 enfants, via l'apport de fonds de sponsors et de mécènes. Aujourd'hui, Androïd 34 dispose encore de fonds pour en équiper 25 autres. Et l'histoire ne fait que commencer...
Mais encore faut-il pouvoir les contacter. "Ce n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser, explique le fondateur de l'association. Il s'agit de données médicales qui ne sont pas forcément accessibles. Nous avons encore plus de difficultés à trouver des candidats du côté francophone".
Appel est donc aujourd'hui lancé à tous les enfants âgés de 4 à 18 ans, amputés d'un membre inférieur ou supérieur et qui souhaiteraient être équipés gracieusement d'une prothèse "type active" pour pouvoir pratiquer leur sport comme tout autre camarade de leur âge. Tout est pris en charge.
"Le sport est une manière de se reconstruire", explique encore Cédric Lescut, bien décidé à équiper de la sorte tous les enfants amputés du pays.
Plus d'infos : www.android34.be – www.octopus34.be