"Des résultats prometteurs": selon une nouvelle étude, l'Ozempic ouvrirait une "nouvelle voie thérapeutique dans le traitement de la toxicomanie"
Sur base de l'analyse de 1,3 million de dossiers médicaux américains, les chercheurs ont pu déterminer que les médicaments tels qu'Ozempic et Mounjaro auraient un effet sur la réduction des cas d'overdose de drogue ou d'alcool.

- Publié le 17-10-2024 à 21h36

Après avoir été soupçonnés de diminuer le risque de certains cancers, les médicaments comme Ozempic et Mounjaro, utilisés dans le traitement contre le diabète et favorisant la perte de poids, pourraient également être bénéfiques dans le traitement de la toxicomanie et de l'alcoolisme, selon une première étude à grande échelle publiée jeudi dans la revue Addiction. Sur base de l'analyse de 1,3 million de dossiers médicaux américains, ces médicaments auraient un effet sur la réduction des cas d'overdose de drogue ou d'alcool.
Dans cet échantillon, les chercheurs ont identifié 8103 personnes présentant "des antécédents de troubles liés à la consommation d'opioïdes et ayant également reçu une ordonnance pour des médicaments contre l'obésité ou le diabète", ainsi que 817 000 autres individus ayant eu des troubles liés à la consommation d'alcool, parmi lesquels 5621 ont reçu une pareille ordonnance. "Chez les personnes alcooliques, les taux d'intoxication alcoolique étaient 50 % inférieurs chez celles qui prenaient ces types de médicaments que chez celles qui n'en prenaient pas, tandis que chez les personnes dépendantes aux opioïdes, les taux d'overdose étaient 40 % inférieurs chez celles qui prenaient ces médicaments que chez celles qui n'en prenaient pas", indique le magazine Politico.
Des résultats à nuancer
Les auteurs de l'étude, issus de l'Université Loyola de Chicago, se sont réjoui de ces résultats "prometteurs", qui "révèlent les possibilités d'une nouvelle voie thérapeutique dans le traitement de la toxicomanie", même s'ils soulignent la nécessité d'effectuer des recherches supplémentaires, "en particulier les essais cliniques prospectifs". Pour le professeur de psychologie à l'Université de Sheffield, Matt Field, ces résultats sont toutefois à prendre avec prudence, les conclusions ne concernant majoritairement que des "cas très extrêmes d'intoxication par des substances". "Ces résultats sont très différents de ceux utilisés par les chercheurs pour tester de nouveaux traitements contre la toxicomanie. Dans ce cas, nous pourrions examiner si le traitement aide les personnes à arrêter complètement de prendre la substance (abstinence complète), ou s'il aide les personnes à réduire la quantité de substance qu'elles consomment ou la fréquence à laquelle elles la consomment. Ces éléments n'ont pas pu être mesurés dans cette étude", explique-t-il avant d'ajouter que l'Ozempic n'aide donc "peut-être pas réellement à réduire la consommation de substances, ou à s'abstenir complètement".
