Comment tester massivement et efficacement ? Trois types de tests envisagés pour relever ce défi de taille
- Publié le 19-10-2020 à 21h49
- Mis à jour le 20-10-2020 à 12h30

Après l'espoir d'une plateforme fédérale bis performante portée par l'Université de Liège et son test salivaire révolutionnaire, la stratégie de testing semble bien être redevenue un véritable chemin de croix pour le gouvernement, qui prévoyait grâce à cela d'être en capacité d'effectuer 130 000 tests par jour. En cause : les équipements, en particulier certaines machines, commandées mais toujours pas arrivées, et qui viennent à manquer au moment fatidique. Dernière option, repoussée jusqu'ici par le fédéral : les tests antigènes rapides, en complément des PCR classiques et des tests salivaires liégeois. Le problème reste cependant le même : comment tester massivement et efficacement ? Petit tour d'horizon des tests existants ou envisagés, afin d'y voir plus clair.
1. Le test PCR "classique"
Le test de type PCR, pour polymerase chain reaction, la population commence à le connaître. Et pour cause : la toute grande majorité des tests au Covid-19 est effectuée dans les laboratoires grâce à cette technique, qui commence par un prélèvement naso-pharyngé au moyen d'un écouvillon. Le prélèvement est ensuite acheminé jusque dans un laboratoire, où le virus va être "inactivé" après que le prélèvement a été mis en contact avec un réactif spécifique, appelé GITC. L'étape suivante consiste à faire intervenir un autre réactif, destiné cette fois à extraire la séquence génétique du virus (son ARN, pour acide ribonucléique), au moyen d'une réaction en chaîne. Cette étape, qui nécessite le concours de machines et de technologues, peut durer plus ou moins longtemps en fonction du réactif et de la machine utilisée. Cette technique est fiable, si tant est que le prélèvement a été effectué correctement... et idéalement au moment où la charge virale est élevée, soit quand la personne présente des symptômes - ce qui en fait un outil précieux pour diagnostiquer un cas Covid. Le bémol est connu : les réactifs, tout comme les machines et les technologues à même de les manipuler, sont en pénurie. Ce qui avait forcé le gouvernement à revoir sa stratégie de testing au début de l'été…
2. Le test salivaire liégeois
Ce devait être l'innovation à même de suppléer aux pénuries de réactifs et de main-d'œuvre, pour ne pas dire une première étape vers un dépistage massif du Covid-19 dans la population. Le qRT-PCR, développé par l'ULiège, permet de se passer des réactifs commerciaux ordinairement utilisés pour un test PCR classique : en synthétisant et en produisant un GITC "maison" à partir de produits disponibles en Belgique, les chimistes de l'ULiège se sont affranchis de la pénurie en cours et économisent la main-d'œuvre nécessaire au prélèvement pour un test PCR ordinaire, le test étant en fait un autotest (c'est le patient qui prélève lui-même sa propre salive). Pour le reste, on se rapproche d'un test PCR classique, à un détail près : le matériel génétique du virus n'est pas amplifié dans une culture d'autres réactifs, mais aimanté par des billes magnétiques recouvertes de silice. Encore une trouvaille liégeoise, qui - à nouveau - permet d'économiser de la main-d'œuvre. Hélas, la dernière étape, qui consiste comme pour une PCR classique en une réaction en chaîne par polymérase, nécessite également l'intervention de machines. Des machines dont visiblement ne sont toujours pas équipées toutes les universités regroupées autour de l'ULiège pour former la plateforme fédérale bis, censée suppléer aux PRC classiques, plus coûteux en main-d'œuvre et réactifs.
3. Le test antigène
Le test antigène commence, comme le test PCR, par un prélèvement dans le nez ou la gorge. Mais, à la différence du PCR, il ne nécessite pas que l'on amplifie la fiche génétique du virus, une opération qui est effectuée en laboratoire. Dans le cas d'un test antigène, le prélèvement est directement mis en contact, au moyen d'une languette, avec des anticorps couplés à une enzyme. Une combinaison qui révèle, au moyen d'un changement de couleur, les protéines virales du virus. Il s'agit du test le plus rapide (quelques minutes seulement), mais il est bien moins fiable que le test PCR, ce qui explique entre autres pourquoi ce type de test a jusqu'ici été écarté par le fédéral. "La fiabilité des tests, principalement d'antigènes et d'anticorps (tests sérologiques , dont il n'est pas question ici, NdlR) , n'est pas toujours clairement prouvée et documentée" , précise d'ailleurs toujours l'agence du médicament (AFMPS) sur son site. Mais la nécessité de tester rapidement, massivement et à moindre coût a, semble-t-il, changé la donne.