Une maladie bovine inquiète la France : voici pourquoi les agriculteurs bloquent les autoroutes françaises
Pourquoi la dermatose nodulaire contagieuse inquiète-t-elle la France et provoque-t-elle la colère des éleveurs ? La Belgique est-elle prête face à cette maladie bovine, encore absente de son territoire ?
- Publié le 13-12-2025 à 18h54

Une maladie qui touche les bovins est au cœur des préoccupations en France. Si la "dermatose nodulaire contagieuse" ne fait pas encore beaucoup parler d'elle en Belgique, elle fait actuellement la une de nombreux médias chez nos voisins.
La DNC infecte les bovins français avec une rapidité inquiétante. Sa transmission est due, dans la majorité des cas, à des piqûres de mouches de taon. Les symptômes, qui n'apparaissent chez l'animal que plusieurs semaines après la contamination, sont de la fièvre, de grands signes de fatigue, des écoulements oculaires et nasaux mais surtout des nodules sur les muqueuses.
Dans environ 10 % des cas, la bête contaminée succombe à la dermatose nodulaire contagieuse. Les autorités françaises ont pourtant décidé, il y a plusieurs mois, d'abattre les troupeaux où cette maladie (de catégorie A selon le droit européen) a été identifiée.
Cette politique provoque la colère de nombreux agriculteurs français, qui manifestent ce samedi partout dans l'Hexagone à l'appel de la Confédération paysanne. Dans le Sud-Ouest, où de nombreux foyers de la maladie ont été détectés, la mobilisation est particulièrement forte : plusieurs axes routiers sont bloqués. Selon BFMTV, vers 16h30, près de 150 km de l'autoroute A64 entre Bayonne et Tarbes étaient toujours interdits à la circulation depuis la veille au soir.

La Confédération paysanne et la Coordination rurale estiment que la stratégie de l'État français est "injuste et inefficace", car la propagation de la maladie ne cesse pas, tandis que l'abattage de troupeaux entiers est néfaste pour les éleveurs. Les deux syndicats voudraient que seules les vaches malades soient abattues et que les déplacements des bovins soient interdits.
Mais la grogne ne fait pas l'unanimité chez les syndicats agricoles français. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) soutient la stratégie des autorités.
La ministre de l'agriculture, Annie Genevard, a annoncé ce samedi sur Ici Occitanie que "près d'un million d'animaux" seront vaccinés "dans les semaines qui viennent" contre la propagation. Elle assure également que les éleveurs qui perdront leurs troupeaux seront indemnisés.
Et en Belgique ?
Le plat pays pour le moment épargné par la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse.
La Fédération Wallonne de l'Agriculture appelle malgré tout à se préparer contre cette "menace sérieuse pour notre territoire". La FWA appelle les autorités belges à "constituer un stock stratégique de vaccins et débloquer un budget d'urgence", "mettre en place des plans de vaccination et une logistique efficace en cas d'apparition du virus" et "prévoir des mesures de soutien économique et psychologique pour les éleveurs si la maladie devait atteindre la Belgique".
L'AFSCA affirmait, en juillet dernier, que la Belgique était "prête" en cas d'infection : "Les vétérinaires et détenteurs ont été sensibilisés et les laboratoires ont suffisamment de moyens d'analyse. Ce niveau de vigilance est suffisant actuellement", affirmait Aline Van Den Broeck, la porte-parole de l'Agence fédérale. "L'expérience acquise dans les Balkans au cours de la dernière décennie a montré que la vaccination peut empêcher efficacement la propagation de la maladie."
