Les performances climatiques de la Belgique dégringolent encore
Les groupes de réflexion GermanWatch et NewClimate Institute publient ce lundi la version actualisée de leur Climate Change Performance Index (CCPI). La Belgique s'illustre une nouvelle fois en raison de ses piètres résultats.
- Publié le 15-10-2020 à 19h19
- Mis à jour le 05-12-2020 à 06h06

Les groupes de réflexion GermanWatch et NewClimate Institute publient ce lundi la version actualisée de leur Climate Change Performance Index (CCPI). Ce classement, qui porte sur l'année 2018, évalue la « performance climatique » de 57 pays ainsi que des États membres de l'Union européenne. Ensemble, ceux-ci émettent environ 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Si aucun des pays étudié n'est en phase avec une trajectoire permettant de respecter l'objectif de l'accord de Paris – maintenir la poussée de la température moyenne de bien en deçà de 2°C –, la Belgique s'illustre une nouvelle fois en raison de ses piètres résultats. En recul de cinq crans par rapport à l'édition précédente, elle figure désormais à la 40e place de ce ranking derrière la Chine, le Brésil ou encore l'Inde. Les pays les mieux notés sont la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark, le Maroc et la Norvège.
L'Union européenne prise dans son ensemble est en progrès (elle passe de la 22e à la 16e place) et ses performances jugées "élevées" grâce notamment aux efforts réalisés par ses membres scandinaves et le Portugal – en très nette progression. La Hongrie, la Pologne et la République tchèque, par contre, se voient attribuer un solide bonnet d'âne.
Sans surprise, l'Arabie saoudite et les États-Unis de Donald Trump ferment la marche, note encore le rapport qui souligne cependant que les émissions sont en diminution dans plus de la moitié des pays analysés.
Un niveau bas à médiocre
Les performances de chaque pays sont évaluées à l'aune de trois indicateurs : les efforts réalisés en matière de réduction des émissions de CO2, en matière de production d'énergie renouvelable et en matière de diminution de la consommation d'énergie.
Trois domaines où l'action de notre pays est jugée globalement faible à l'image du Plan national Energie-Climat 2030 déjà sévèrement pointé du doigt par la Commission européenne. "L'absence de réduction d'émissions sur plusieurs années pénalise particulièrement la Belgique dans le classement, et signe l'absence d'effet des politiques climatiques dans notre pays ces dernières années", note Noé Lecocq, expert climat à Inter-Environnement Wallonie, qui a contribué à ce rapport. Le fait que notre pays ne soit même pas capable de respecter son modeste objectif 2020 en matière d'énergies vertes n'est pas étranger à ce jugement.
Maigre lot de consolation, la Belgique a amélioré son score pour avoir soutenu cette année l'engagement européen pour une neutralité climatique à l'horizon 2050. Elle demeure néanmoins parmi les pays « médiocres », en raison de son absence de soutien aux nouveaux objectifs européens proposés pour 2030. Un relèvement des engagements de -40 % actuellement à au moins -55 % (par rapport à 1990) sur lequel les chefs d'État et de gouvernement de l'UE doivent tenter de s'accorder lors du sommet européen programmé ce jeudi.
De nouvelles actions de mobilisation
Dimanche après-midi, une cinquantaine de personnes ont organisé une manifestation devant le Parlement Européen pour exiger que l'UE aille encore plus loin dans ses ambitions et les porte à -65 %. De nouvelles actions sont également prévues jeudi afin de réclamer une taxation des transactions financières qui permettrait de financer la transition climatique, une révision de la Politique agricole commune qui soit en ligne avec le « Pacte vert » et, plus globalement, des politiques de relance post-Covid qui intègrent pleinement les dimensions économiques, sociales et écologiques.