Place Vendôme, dans les salons d'Elsa Schiaparelli
La deuxième collection de la maison Elsa Schiaparelli depuis 1954 est signée Marco Zanini. Il reprend l'esprit de la grande dame dont nous sommes allées, de manière privilégiée, visiter les salons de la Maison, au 21 de la place Vendôme à Paris.
- Publié le 08-07-2014 à 15h49
- Mis à jour le 08-07-2014 à 15h51

La deuxième collection de la maison Elsa Schiaparelli depuis 1954 est signée Marco Zanini. Il reprend l'esprit de la grande dame dont nous sommes allées, de manière privilégiée, visiter les salons de la Maison, au 21 de la place Vendôme à Paris.
Voilà un endroit où on se sent tout de suite à l'aise, tant tout est beau et criant de lumière. Dans les les salons d'Elsa Schiaparelli, 21 place Vendôme, on est d'abord cueilli par l'émotion, le lieu est historique, la vue est mythique. Et puis, ensuite, on voit négligemment posé sur la table du salon, "L'oeil et la main", l'ouvrage signé par Amandine Maziers consoeur journaliste belge et Johanna de Tessières, notre photographe préférée qui shoote la mode depuis au moins deux lustres à "La Libre Belgique". (c'est elle d'ailleurs qui signe cette visite en images des salons).
Cédric Edon, responsable de la communication chez Schiap', nous fait le tour du propriétaire.
"On a ici essayé de reproduire son univers". Dans un coin de la pièce Pascal et Pascaline, les mascottes d'Elsa Schiaparelli. En fait, des mannequins en bois qui ont longtemps animé les vitrines de la boutique. Pascal fait partie de la vie d'Elsa Schiaparelli, à tel point qu'elle lui consacre un long passage dans son autobiographie, "Schoking Life". Le cher Pascal en virée à San Francisco pour une expo avant-guerre fut d'ailleurs la mascotte francaise de l'autre côté de l'Atlantique durant le conflit. Paré d'un béret ( et une baguette sous le bras ? ), il a incarné l'esprit de rébellion francaise jusqu'à retrouver ses pénates, après-guerre. Et sa chère Pascaline, mannequin féminin (de bois? Pas sûr) auquel il est marié et avec qui il vit lui aussi 21 place Vendôme. À proximité de la bibliothèque et des portraits de Mae West blonde hollywoodienne, qui semble-t-il ne lui font pas du tout tourner la tête (de fait il regarde ostensiblement par la fenêtre).
Chez Elsa Schiaparelli, ça rutile et ça brille. Ayant grandi au Palais Corsini à Rome, on peut imaginer qu'elle avait quelque accointance avec le baroque de la Botte, et entre autres, vénitien. La Sphinge (mi femme-mi animal) qui trône dans le salon (et qui faisait parfois aussi l'animation des vitrines, comme ces charmants Pascal et Pascaline) donne une idée des goûts esthétiques baroques(baroque dans le sens un peu fou, tout à coup) de Madame Schiaparelli. Mais, comme elle avait le don du mélange, elle adorait aussi positivement le design signé Jean-Michel Franck qui, lui, se définissait par une pureté des lignes et une modernité tout sauf chichiteuse. Design qu'on retrouve ça et là entre deux cabriolets ultra moelleux et coquets.
Si on continue la visite, on finit par s'égarer dans le petit réduit qui garde précieusement les flacons de parfum créés par la maison Schiaparelli. Le "Schoking" de 1937 est un buste volupteux. La petite histoire raconte que le buste généreux représenté à travers le flacon est en fait un hommage aux courbes généréuses de Mae West, actrice hollywoodienne des plus plantureuses, pour laquelle Elsa Schiaparelli devait dessiner des costumes de scène. Ni Elsa ni Mae n'ayant voulu faire le déplacement pour se rencontrer et faire des pièces de vêtements, Hollywood envoya le buste de Mae qui, une fois sorti du colis, procura la surprise et l'enthousiasme face à une telle volupté, enthousiasme qui fut incarné par un 'schoking ! ' bien frappé.
Mais c'est un autre flacon qui nous amuse en particulier. Celui du parfum nommé "Zut". il représente Mistinguett qui a perdu sa jupe et qui se retrouve, voyez-vous cela, en culotte-gaine. Une scène qui peut donc se conclure par un "Zut", en effet.
Aux étages, en priviligiée, on visite les salons d'essayage qui sont réservés aux clientes de la Maison. La maison qui commence à toucher les acheteuses de plus en plus nombreuses à vouloir posséder du Schiap' apres les défilés. (cf galerie photo).
Et on se dit que la couture , surtout comme celle-ci (pas ampoulée. Comique et poétique sans trop de chichis) on serait tout à fait capable et de bonne volonté pour en porter, nous aussi.. Si l'occasion nous en était donnée. Plus qu'à trouver un bijoutier à dévaliser. Mais voyons, il y en a partout autour de la Maison. Si ca ne s'appelle pas de la tentation...