Qu'est-ce qui fait courir les foodies belges ?
On sait que la deuxième édition du "Flemish Food Bash" qui a eu lieu en juillet à la côte était le plus grand restaurant du monde ! Mais saviez-vous que Vincent Floorizone, chef du "Grand Cabaret" à Nieuport et organisateur, s'apprête à remettre le couvert ce 15 novembre à Gand ?
- Publié le 28-10-2015 à 17h28
- Mis à jour le 01-11-2015 à 09h10

On sait que la deuxième édition du "Flemish Food Bash" qui a eu lieu en juillet à la côte était le plus grand restaurant du monde ! Mais saviez-vous que Vincent Floorizone, chef du "Grand Cabaret" à Nieuport et organisateur, s'apprête à remettre le couvert ce 15 novembre à Gand ?En mode foodieQuoi ! Vous n'y étiez pas ? Pourtant tous les foodies, s'étaient donné rendez-vous à Oostduinkerke le 5 juillet dernier pour vivre la 2e édition du "Flemish Food Bash". C'est qu'il ne fallait pas manquer cet événement unique en son genre, pour une journée, le plus grand restaurant du monde. 20 chefs belges, 20 chefs internationaux, 30 bières de la brasserie De Struise, 20 barmen, 10 baristas, 8 pâtissiers, 4 fromagers, 4 boulangers et 4 bouchers étaient en effet de la partie.
Cet événement hors norme, on le doit à Vincent Florizoone, chef du "Grand Cabaret" à Nieuport. "A la côte, les dimanches soir, beaucoup de gens partent; mon restaurant était déserté", explique-t-il. "Alors, j'ai eu l'idée de proposer des plats gratuits entre 22 h et minuit. Il y avait aussi des soirées spéciales avec DJ, tatoueur, barbier…" C'est comme cela qu'est né le premier "Flemish Food Bash", organisé en novembre 2014 au "Café d'Anvers", dans le cadre d'une fête de la jeune garde des chefs flamands (Jong Keukenkeweld), sponsorisée par la Région flamande. L'événement ne réunissait, alors, que cinq chefs.
Rencontre entre chefs
Au vu du succès et des demandes répétées de ses collègues, l'envie de réaliser un second projet, de plus grande envergure, s'est vite fait sentir chez Florizoone. "Je voulais réunir la nouvelle garde de la cuisine mais aussi des chefs internationaux. Du temps où je travaillais chez "Bruneau" à Bruxelles, les sauces étaient secrètes. Aujourd'hui, on partage tout et c'est comme ça qu'on avance. On apprend à connaître de nouveaux produits ou des techniques. C'est aussi l'occasion de nouer des contacts dans une atmosphère amicale et festive."
Malgré le temps maussade ce 5 juillet-là, 5 500 aficionados étaient au rendez-vous pour découvrir le divin gaspacho de betteraves et cerises, servi avec un fromage de chèvre belge et des fleurs du jardin de David Martin ("La Paix" H, Bruxelles). Ou l'excellente poitrine de bœuf fumée de Jonathon Stranger ("Ludivine"), venu d'aussi loin que l'Oklahoma. Dans une ambiance bon enfant, on déambulait, attirés par les odeurs des steaks grillés que sortaient les bouchers Luc Broutard ou Hendrik Dierendonck. Ou par les cocktails mixés par les meilleurs bartenders du monde, comme Steve Schneider du "Employees Only" à New York.
Une vision "hipster" de la gastronomie
Là où "Culinaria", événement bien connu des gourmets bruxellois, proposait une vision chic de la gastronomie, le "Flemish Food Bash" y répond par une vision plus "foodie". Entendez par là, une vision plus large de la gastronomie, qui ne s'arrête pas aux étoiles et qui s'intéresse à d'autres métiers connexes, comme les baristas (café), la boucherie, le bartending (cocktail)…
Autre particularité de l'événement, son côté "hipster". Car il ne fait plus bon être simple "foodie" de nos jours, il faut aujourd'hui être plus pointu encore et s'intéresser à tout ce qui se passe sur la planète food et même au-delà. Cela passe par la mise en avant de la street culture : DJ, tatoueurs, barbiers, artistes. Lui-même tatoué et arborant une moustache des plus frétillantes, Vincent Florizoone met en avant le fait que tous ces métiers se rejoignent dans un même souci de créativité. "Nous sommes tous des artistes et nous partageons des métiers où l'apprentissage est important."
Derrière ces "foodies hipster", finalement un peu snobs, il y a tout de même des enjeux solides qui émergent, comme l'attachement au terroir, aux producteurs… "On est le meilleur pays du monde pour la bière, mais on doit encore éduquer les Belges", estime l'organisateur. "C'est pour cela que j'ai 340 bières à la carte de mon restaurant et que tous mes plats sont à la bière. Personne ne sait que 'Struise Brouwers'a été élu meilleur brasseur du monde en 2008. On trouve leurs bières au 'El Celler de Can Roca'en Espagne (meilleur restaurant du monde selon le "Fifty Best", NdlR) mais pas au 'Hof Van Cleve'ou au 'Sea Grill'… Il faut que les Belges soient plus fiers de leurs produits !"
La gastronomie belge avant tout
Et si l'événement est très flamand, qu'il se passe en Flandre et porte fièrement son nom, Vincent Florizoone aime plutôt parler de "gastronomie belge". "La gastronomie belge, c'est avant tout la mise en avant de nos produits locaux. C'est la mode un peu partout de travailler des produits à moins de 50 km autour de soi. Mais la Belgique a une carte à jouer sur la scène mondiale grâce à sa plus grande capacité d'innovation par rapport à la France. Les chefs étrangers qui ont participé à la seconde édition du 'Flemish Food Bash'étaient d'ailleurs surpris par les standards belges !"
On est dès lors impatients de découvrir cette troisième édition du "Flemish Food Bash", qui aura lieu le 15 novembre prochain à Gand, une ville gourmande à souhait. Et encore plus d'assister, en juin 2016, à une quatrième édition qui s'annonce phénoménale avec au menu, 60 chefs et 30 bartenders venus du monde entier !
Flemish Food Bash 3, le 15 novembre de 18 h à 6h du matin à l'Eskimofabriek, Wiedauwkaai 25, Gand. Entrée : 33,60 €. Infos et tickets : www.flemishfoodbash.com
Retrouvez la liste des participants sur http://lacuisineaquatremains.blogs.lalibre.be
