Guerre Israël - Hamas: l'ONU parle de possibles "crimes de guerre" à Gaza face aux restrictions imposées par Israël
Le haut-commissaire des droits de l'homme désigne clairement Israël comme responsable.

- Publié le 19-03-2024 à 21h54
- Mis à jour le 19-03-2024 à 21h55

Les sévères restrictions imposées par Israël à l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza et la possible utilisation de la faim comme arme pourraient "constituer un crime de guerre", a affirmé l'Onu mardi. "L'ampleur des restrictions imposées par Israël à l'entrée de l'aide à Gaza, ainsi que la manière dont il continue de mener les hostilités, peuvent équivaloir à l'utilisation de la famine comme méthode de guerre, ce qui constitue un crime de guerre", a en effet déclaré mardi Jeremy Laurence, un porte-parole du Haut-Commissariat des droits de l'homme lors du briefing régulier de l'Onu à Genève.
Le Haut-Commissaire des droits de l'homme Volker Türk désigne clairement Israël comme responsable. "La situation de faim et de famine est le résultat des restrictions étendues imposées par Israël à l'entrée et à la distribution de l'aide humanitaire et des biens commerciaux, du déplacement de la majeure partie de la population, ainsi que de la destruction d'infrastructures civiles cruciales", souligne M. Türk dans un communiqué.
Plus de 1,1 million de Gazaouis sont confrontés à "une situation de faim catastrophique", proche de la famine, "le nombre le plus élevé jamais enregistré" par l'Onu, qui se base sur le rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publié lundi. Dans le nord, la famine sévira d'ici au mois de mai en l'absence de mesures "urgentes", ont prévenu lundi les agences spécialisées des Nations unies.
La mort du n°3 du Hamas confirmée
Dans le nord du territoire, Tsahal a poursuivi mardi des "opérations précises pour contrecarrer le terrorisme" dans le complexe hospitalier Al-Chifa de Gaza-Ville, qui ont poussé des centaines de civils à fuir le secteur bombardé. Elle a dit avoir tué "plus de 50 terroristes" et arrêté "approximativement 180 suspects". Washington a, de son côté, confirmé la mort du chef adjoint de la branche armée du Hamas, Marwan Issa, qui devient le responsable le plus haut placé tué sur ce territoire par l'armée israélienne depuis le début de la guerre.
Après des mois d'efforts infructueux des médiateurs – États-Unis, Qatar et Égypte – pour parvenir à une trêve, le chef des services de renseignement israélien David Barnea s'est rendu lundi à Doha pour y rencontrer, selon une source proche des négociations, le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahman Al-Thani, et des responsables égyptiens. M. Barnea a quitté Doha mardi mais des "équipes techniques" continuent de discuter des détails d'un éventuel accord sur un cessez-le-feu et la libération des otages, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari, se déclarant "prudemment optimiste".
Le Département d'État a, de son côté, annoncé mardi que le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, se rendrait en Arabie saoudite mercredi et en Égypte jeudi dans l'espoir de débloquer la situation.
