"On les appelle le bataillon Buryat": En Russie, la "participation d'un deuxième État à la guerre contre l'Ukraine" au coeur des accusations
Entre potentielles livraisons massives d'obus d'artillerie, signature d'accord de partenariat stratégique et visites d'Etat, Poutine et Kim ne cachent pas leur rapprochement, mais nient les accusations d'envoi de soldats nord-coréens en Russie.

- Publié le 16-10-2024 à 19h19
- Mis à jour le 16-10-2024 à 19h53

Ces derniers temps, la communauté internationale a assisté à l'intensification des relations entre Moscou et Pyongyang. Entre potentielles livraisons massives d'obus d'artillerie, signature d'accord de partenariat stratégique et visites d'Etat, Poutine et Kim ne cachent pas leur rapprochement. Récemment, la Corée du Sud affirmait que des soldats nord-coréens avaient très probablement été tués en Ukraine. "Nous évaluons comme très probable qu'il y ait eu des victimes parmi des officiers nord-coréens et soldats en Ukraine, étant donné diverses circonstances", avait ainsi déclaré le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Yong-hyun.
"La participation d'un deuxième État à la guerre contre l'Ukraine"
Une accusation partagée quelques jours plus tard par le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de son discours de présentation de son "plan de victoire" à la Verkhovna Rada, le parlement ukrainien. "Nous voyons une alliance grandissante entre la Russie et des régimes comme la Corée du Nord. La coalition de criminels avec Poutine inclut actuellement la Corée du Nord – la famille Kim, qui asservit plus de 20 millions de Coréens. Nos services de renseignement enregistrent non seulement le transfert d'armes de la Corée du Nord vers la Russie, mais aussi le transfert de personnes", a-t-il ainsi affirmé, avant d'ajouter : "Il s'agit d'ouvriers pour les usines russes, au lieu de Russes tués pendant la guerre. Et de personnel pour l'armée russe. C'est la participation d'un deuxième État à la guerre contre l'Ukraine aux côtés de la Russie."
Un haut responsable des services de renseignement militaires ukrainiens a quant à lui confié, sous couvert d'anonymat, au magazine Politico que "la Russie rassemble un grand nombre de Nord-Coréens pour combattre en Ukraine. On les appelle le bataillon Buryat… il y a environ 3 000 Nord-Coréens là-bas." Un nombre largement sous-estimé, à en croire les données dont disposerait le journal Kyiv Independent, qui évoque que "Pyongyang avait jusqu'à présent envoyé 10 000 soldats en Russie pour renforcer son effort de guerre en Ukraine", selon un responsable occidental témoignant lui aussi anonymement.
De son côté, Moscou s'est contenté de balayer toutes ces accusations d'un revers de la main, invoquant de "nouvelles fake news".