"Poutine commet une grave erreur en Ukraine" : la critique d'un rival à la présidentielle russe
Boris Nadezhdin prend des risques en critiquant l'opération spéciale russe en Ukraine.
- Publié le 16-01-2024 à 10h58

Ce n'est pas la première fois, depuis le début de l'invasion en Ukraine, que Boris Nadezhdin, ancien membre de la Douma et représentant d'un parti de centre-droit appelé Initiative civique, descend en flèche les actions de Vladimir Poutine. Déclarant notamment en décembre 2022 que les conseillers de Poutine étaient des "menteurs" et qu'il était "absolument impossible" de vaincre l'Ukraine, Boris Nadezhdin est encore monté au créneau la semaine passée, critiquant pour la énième fois la guerre en Ukraine.
Le politicien cherche aujourd'hui à atteindre les 100 000 signatures nécessaires auprès de la population russe afin de pouvoir s'opposer au président russe. Boris Nadezhdin condamne en effet avec véhémence les actions menées par Vladimir Poutine, qualifiant la guerre en Ukraine de "grave erreur de Poutine" et assurant "les conséquences seraient très graves", comme le rapporte NBC Nieuws. L'ancien membre de la Douma ne s'est pas privé de tenir ces propos face aux épouses de soldats actuellement remontées contre Poutine et souhaitant le retour de leurs maris. "Les soldats au front remplissent leur dette, y versent vraiment leur sang et risquent leur vie – nous voulons simplement qu'ils reviennent", a-t-il déclaré à l'intention des épouses mécontentes. Il s'est engagé à présenter un plan qui mettrait fin au conflit s'il venait à être élu président.
La semaine dernière, Boris Nadezhdin pointait également la responsabilité des autorités dans les pannes de chauffage qui ont sévi dans certaines régions russes. "Les villes sont glaciales. Qui est coupable ? Les énormes sommes d'argent dépensées et planifiées pour l'opération militaire spéciale auraient pu être investies dans l'amélioration de la qualité de vie de mes concitoyens", a-t-il asséné sur Telegram
Il est difficile de déterminer pendant combien de temps encore Boris Nadezhdin sera autorisé à tenir ces propos ou s'il pourra atteindre les 100 000 signatures. Peu après le début de l'invasion en Ukraine, le Kremlin avait adopté plusieurs lois visant à éviter les dissidents prêts à discréditer les forces armées ou diffuser de fausses informations à leur sujet. Ces derniers risquent encore à l'heure actuelle de lourdes peines, et c'est peut-être ce qui pourrait arriver à l'ancien membre de la Douma s'il s'approche de trop près des scores de Poutine aux élections.
