Qui est Georg Gänswein, le secrétaire particulier de Benoît XVI qui égratigne le pape François?
Ce prêtre allemand qui a accompagné de près le pape Benoît XVI publie ses mémoires. Il y égratigne le pape François.

- Publié le 10-01-2023 à 17h31
- Mis à jour le 10-01-2023 à 17h32

On l'a vu partout suite au décès de Benoît XVI. Georg Gänswein qui était le secrétaire personnel du pape allemand depuis près de 20 ans a été au cœur de l'organisation de ses obsèques ce jeudi 5 janvier. Mais il a aussi marqué les médias et les esprits par plusieurs prises de paroles intervenues depuis une semaine.
Alors que Benoît XVI n'était pas enterré, Georg Gänswein allumait en effet au fil de différentes interviews une multitude de petites bombes qui égratignaient la gouvernance parfois solitaire du pape François. Ce mercredi, il restera au cœur des discussions puisqu'il publie ses mémoires en italien, dans un ouvrage d'entretiens intitulé Nient'altro che la verità (Rien d'autre que la vérité).
Né en 1966 et arrivé à Rome en 1995, surnommé le "Bel Giorgio" au regard de son physique jugé avenant, spécialiste exigeant de droit canon, Georg Gänswein fut un éminent "Ratzinger Boy", du nom des adeptes du Cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI. Placé par ce dernier à la Congrégation pour la doctrine de la foi puis à la préfecture de la maison pontificale, il deviendra en 2003 son secrétaire personnel.
Dans ses mémoires, c'est à partir des souvenirs recueillis auprès de Benoît XVI, que Mgr Gänswein dresse un portrait élogieux du pape émérite, de son action et de sa pensée. Pour autant, les pages qui retiendront le plus l'attention sont celles où il oppose plus ou moins explicitement Benoît XVI et François. Il le fait notamment sur la question de la liturgie. Le 16 juillet 2021, le Pape est en effet revenu sur la permission donnée par Benoît XVI de célébrer la messe "en latin", selon l'ancien rite. Ce désaveu vis-à-vis de sa politique aurait attristé Benoît XVI qui n'aurait pas été prévenu et aurait découvert cette décision en lisant L'Osservatore Romano (le journal officiel du Vatican).
D'après ceux qui l'ont lu, l'ouvrage est celui d'un homme blessé d'avoir été sèchement rétrogradé par François dans l'organigramme du Saint-Siège. Ce livre, par ailleurs, ne ferait pas droit au souci d'unité de l'Église constamment porté par Benoît XVI qui a toujours voulu être fidèles, publiquement, aux décisions de son successeur. Quoi qu'il en soit, Mgr Gänswein a été reçu par François ce lundi, mais rien n'a filtré sur le contenu de leurs échanges.