Boris Johnson se donne un nouvel élan en changeant quelques têtes de son gouvernement
À mi-mandat, il remanie son cabinet pour asseoir son pouvoir.
- Publié le 16-09-2021 à 21h28
- Mis à jour le 17-09-2021 à 19h04

Un nouveau ministre aux Affaires étrangères, à l'Éducation, à la Justice et au Logement, aux Communautés et au Gouvernement local : le remaniement mené mercredi et jeudi par le Premier ministre britannique Boris Johnson peut paraître limité. Surtout que seuls trois ministres ont été priés de quitter le gouvernement.
Le ministre de l'Éducation Gavin Williamson paie sa gestion catastrophique des examens scolaires pendant la pandémie et le ministre au Logement Robert Jenrick sa proximité trop grande avec des promoteurs immobiliers. Quant à Robert Buckland, malchanceux, il a sans doute été remercié parce qu'il fallait fournir un nouveau poste à Dominic Raab. Déplacé à la Justice, l'ex-ministre des Affaires étrangères a été sanctionné pour son manque de vision et d'attention au moment du départ des Américains d'Afghanistan.
Deux ans après l'arrivée au 10 Downing Street de Boris Johnson, ce remaniement marque pourtant une nouvelle étape de son mandat. En juillet 2019, il était encore regardé avec dédain par ses pairs. Ceux-ci ne lui avaient alors accordé leur soutien qu'en désespoir de cause : ils craignaient de voir le travailliste Jeremy Corbyn gagner le pouvoir et lui seul leur semblait apte à gagner une élection. Vingt-cinq mois plus tard, le grand blond échevelé a dépassé toutes leurs espérances. Il a décroché un accord de Brexit avec l'Union européenne, aussi fragile soit-il, il a remporté une élection générale en décembre 2019 comme aucun de ses prédécesseurs depuis Margaret Thatcher et il a transformé la catastrophe de la pandémie en succès grâce à une campagne de vaccination utilisée comme exercice de fierté nationale.
Un signe d'essoufflement
Logiquement, le premier signe d'essoufflement est apparu. Pas plus tard que la semaine dernière, des sondages ont montré le parti travailliste au coude à coude avec les conservateurs. Une première depuis l'arrivée au pouvoir de l'équipe actuelle, un choc pour de nombreux élus. La chute de popularité des Tories ne s'est cependant pas traduite par un déplacement des électeurs vers le Labour mais vers les indécis. La faute à l'inaction et au manque d'attractivité du principal parti d'opposition et au manque de charisme de son chef Keir Starmer. Les apparitions de cet ancien avocat ne semblent pas résonner auprès des électeurs.
L'heure était, malgré tout, toute trouvée pour donner un nouvel élan à son mandat. La nomination de Liz Truss au ministère des Affaires étrangères et le maintien de Priti Patel au ministère de l'Intérieur montrent la volonté de Boris Johnson de caresser les adhérents de son parti dans le sens du poil. Toutes deux, membres déclarées de la droite ultralibérale du parti, sont en effet très appréciées de la base. Avec le déplacement de l'expérimenté Michael Gove au Logement et la nomination de Nadhim Zahawi à l'Éducation, deux politiciens considérés comme travailleurs et compétents, le Premier ministre veut s'assurer que deux des agendas clés de son gouvernement progresseront. Il en aura besoin pour assurer sa réélection dans deux ou trois ans. D'autant que retirer la coordination du gouvernement et donc une grosse visibilité à Michael Gove, le seul candidat crédible à sa succession, n'est sans doute pas pour lui dénué d'intérêt.