Nouvelle semaine de répressions contre les médias en Biélorussie
Comme l'a nommée à la télévision d'État un responsable du KGB, "une opération de purge à grande échelle contre les radicaux" s'est abattue sur les journalistes biélorusses, la semaine dernière. Après la fermeture de tut.by, le principal site d'informations du pays, en mai, l'arrestation du journaliste Roman Protassevitch lors du détournement du vol Ryanair Athènes-Vilnius, quelques jours plus tard, avait déjà montré la détermination du régime d'Alexandre Loukachenko à éradiquer les médias indépendants.
- Publié le 11-07-2021 à 18h56
- Mis à jour le 11-07-2021 à 19h02

En deux jours, d'après l'Association des journalistes biélorusses, 32 représentants des médias ont été arrêtés, y compris des employés de journaux locaux, notamment à Brest, grande ville à la frontière polonaise. Yahor Martsinovich, le rédacteur en chef de Nasha Niva, l'un des plus vieux journaux du pays, publié en langue biélorusse (alors que la majorité des médias le sont en russe), a été arrêté et battu pendant son interrogatoire.
Les condamnations à plusieurs années de prison pour "organisation de troubles à l'ordre public" se sont multipliées.
Décimée, l'offre médiatique est pratiquement inexistante aujourd'hui en Biélorussie, même s'il reste les chaînes d'information sur Telegram.
"À chaque nouvelle vague de répression, les Biélorusses prennent peur et les chaînes de Telegram, comme Nexta, perdent des milliers d'abonnés", regrette Franak Viacorka, le principal conseiller de Svetlana Tikhanovskaïa, lui-même ancien journaliste à Radio Free Europe.
Comment assurer la couverture médiatique en Biélorussie à court terme, alors que la plupart des journalistes ont été emprisonnés ou ont fui le pays ? "Les journalistes ont absolument besoin d'une aide financière de la part de l'Union européenne, pour continuer leur travail depuis l'étranger, poursuit Franak Viacorka. Comme c'est le cas dans beaucoup de pays, ils vont devoir s'appuyer sur les informations fournies par des citoyens-reporters."
Mais la quantité de documents bruts - vidéos de manifestations, témoignages photographiques pris à la volée, autrement dit le matériel qui peut être collecté par les citoyens sans être à proprement parler du journalisme - envoyés aux chaînes Telegram est en chute libre.