Qui est Laurent Pietraszewski, le nouveau commissaire français en charge de la réforme des retraites
L'homme chargé d'éteindre "l'incendie Delevoye" a longuement travaillé dans le secteur privé.
- Publié le 19-12-2019 à 07h05

L'homme chargé d'éteindre "l'incendie Delevoye" a longuement travaillé dans le secteur privé.
Il fallait faire vite, pour éteindre l'incendie Delevoye, et c'est ce qu'a fait le président français Emmanuel Macron : ce mercredi, Laurent Pietraszewski a été nommé à la place de l'ancien Haut-Commissaire au poste de secrétaire d'État en charge de la réforme des retraites. Une promotion, sans doute, pour le député LREM du Nord, mais pas forcément un cadeau, tant il est délicat de prendre en charge un tel poste au beau milieu de la tempête sociale.
Laurent Pietraszewski, âgé de 53 ans, n'a pas une longue expérience politique à faire valoir. Le natif de Saint-Denis, qui a longtemps travaillé chez le groupe français de grande distribution Auchan, s'est engagé pour la première fois en 2016, au moment du lancement d'En Marche. Il est ensuite élu aux législatives de 2017, dans la onzième circonscription du Nord. Présenté par l'exécutif comme un spécialiste des relations sociales, l'homme, membre de la commission des affaires sociales, s'est en effet connaître en étant le rapporteur de la loi Travail, qui a permis au gouvernement de faire ses preuves en matière de réforme sociale pour le moins complexe à déminer.
La barre n'en est pas moins haute pour celui qui était aussi devenu le porte-parole du groupe des députés La République en Marche. Dès sa nomination, de nombreuses voix au sein de l'opposition se sont élevées pour critiquer sa nomination. D'abord, du fait de son passé chez Auchan, groupe au sein duquel il a travaillé durant dix ans au poste de manager opérationnel, spécialisé dans les ressources humaines. Un poste au sein duquel il a certes acquis des compétences en termes de relations sociales, mais où il n'a pas laissé que de bons souvenirs aux salariés.
Par ailleurs, sa déclaration d'intérêts à la Haute Autorité a laissé aussi sceptiques certains observateurs, qui la jugent insuffisamment précise et étayée. Laurent Pietraszewski, qui va œuvrer sous la tutelle du Premier ministre Edouard Philippe, va dans un premier temps devoir prouver sa légitimité. Pas forcément la meilleure manière d'entrer dans une négociation.