Scandale sexuel dans la J-pop: un homme se disant victime retrouvé mort après avoir été harcelé

Un homme se disant victime d'agressions sexuelles de la part du défunt fondateur de la principale agence de boys bands du Japon a été retrouvé mort après avoir subi un déferlement de harcèlement en ligne, ont rapporté mardi des médias locaux.

Le groupe de J-pop, Babymetal.
Le groupe de J-pop, Babymetal. (Photo prétexte) ©Copyright (c) 2019 Stewart Marsden/Shutterstock. No use without permission.

Âgé d'une quarantaine d'années, cet homme a été retrouvé mort après ce qui pourrait être un suicide, le mois dernier dans l'ouest de la préfecture d'Osaka, a affirmé la chaîne publique NHK, citant des sources policières, sans le nommer.

Selon le quotidien Yomiuri, il avait reçu un déluge de commentaires méprisants sur les médias sociaux, tels que "Votre mensonge sera exposé" et "Vous voulez de l'argent", après avoir, comme d'autres personnes, affirmé avoir été victime d'abus sexuels de la part de Johnny Kitagawa, le fondateur de l'agence Johnny & Associates.

Cette société règne depuis des décennies sur l'industrie nippone du spectacle et a lancé de célèbres groupes d'idoles comme Smap, Arashi ou Tokio.

En septembre, son ex-présidente et toujours principale actionnaire, Julie Fujishima, a reconnu que son oncle, Johnny Kitagawa, décédé en 2019 à l'âge de 87 ans, avait agressé sexuellement pendant des décennies de jeunes recrues de la scène musicale nationale.

Avant le décès de l'homme retrouvé mort le mois dernier, trois personnes ayant dénoncé dans les médias les abus sexuels présumés de Kitagawa avaient porté plainte auprès de la police, pour avoir été harcelées en ligne.

L'homme retrouvé mort le mois dernier avait "demandé à l'agence de boys band d'agir contre les abus" mais celle-ci "n'a pas pris de mesures concrètes", a déclaré sa famille dans un communiqué, selon NHK et d'autres médias locaux.

"Sa détresse émotionnelle a empiré car elle a été aggravée par la récurrence du traumatisme sexuel qu'il avait subi à l'origine", a estimé la famille, ajoutant que l'homme décédé avait informé l'agence au mois de mai de l'agression sexuelle qu'il disait avoir subie, sans obtenir autre chose qu'une promesse de réponse de la part d'un représentant de l'entreprise.

La famille s'est dite "toujours incrédule et abasourdie par son départ soudain".

Johnny & Associates a annoncé le mois dernier qu'elle allait se rebaptiser Smile-Up et se consacrer uniquement à la réparation des préjudices subis par les victimes des abus commis par Kitagawa, avant de fermer ses portes et de transférer les contrats des artistes qu'elle représente à une nouvelle société.

Les premières accusations selon lesquelles Kitagawa aurait agressé de jeunes hommes désireux de faire carrière dans la musique sont apparues dans les médias japonais à partir de 1999. Mais ce n'est que 24 ans plus tard, après la diffusion cette année d'un documentaire de la BBC et des dénonciations de victimes, qu'une prise de conscience a eu lieu.

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