L'administration Trump prépare de nouvelles expulsions en vertu d'une loi du XVIIIe siècle sur les "ennemis étrangers"

Le ministère américain de la Justice a annoncé lundi sa volonté d'expulser vers le Chili trois Vénézuéliens soupçonnés d'appartenir à un gang criminel. Cette décision précède de quelques heures une audience en appel sur la suspension de telles expulsions, décidées en vertu d'une loi de 1798.

President Donald Trump listens during a cabinet meeting in the White House, Monday, March 24, 2025, in Washington. (Pool via AP)
L'administration Trump prépare de nouvelles expulsions en vertu d'une loi du XVIIIe siècle sur les "ennemis étrangers".

L'administration Trump a invoqué cette loi sur les "ennemis étrangers" - utilisée jusqu'alors uniquement en temps de guerre - dans une déclaration présidentielle publiée le 15 mars pour justifier l'expulsion, le jour même vers le Salvador, de plus de 200 personnes présentées comme des membres présumés du gang vénézuélien Tren de Aragua. Celle-ci a été décrétée "organisation terroriste" par Washington.

Un juge fédéral a suspendu le 15 mars les expulsions sur le fondement de cette loi, mais l'administration Trump a fait appel. L'audience devant une cour fédérale d'appel à Washington est prévue lundi après-midi.

Peu avant cette audience, les États-Unis ont déclaré lundi trois ressortissants vénézuéliens entrés illégalement dans le pays "membres de Tren de Aragua et ennemis étrangers". L'administration a l'intention de les "extrader vers le Chili", où ils sont recherchés pour plusieurs crimes, notamment homicide et enlèvement, a annoncé le ministère américain de la Justice dans un communiqué.

Trump dit ne pas avoir signé la déclaration de recours à une loi de 1798 contre des migrants

Le ministre adjoint de la Justice, Todd Blanche, a invoqué "la sûreté publique et la sécurité nationale des États-Unis". "Nous aurions déjà renvoyé ces membres de gang violents au Chili sans la suspension à portée nationale édictée par un seul juge à Washington, que nous contestons aujourd'hui en appel", a-t-il précisé.

Ce juge fédéral, James Boasberg, voué aux gémonies par la Maison Blanche, a confirmé lundi sa suspension après une audience sur le fond vendredi. Il motive notamment sa décision par le fait qu'avant leur éventuelle expulsion, les plaignants doivent pouvoir contester individuellement devant la justice américaine leur appartenance au gang visé par la déclaration présidentielle.

Trump appelle à "destituer" un juge qui a suspendu des expulsions de migrants, le chef de la Cour Suprême le contredit

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...