Qui est Koen Lenaerts, cet Anversois tout juste réélu à la présidence de la Cour de justice de l'Union européenne ?
- Publié le 10-10-2018 à 07h34

Koen Lenaerts, 64 ans, est père de six filles et se sent comme un poisson dans l'eau au grand-duché de Luxembourg.Koen Lenaerts, 64 ans, a été réélu mardi par ses pairs à la présidence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Son nouveau mandat court jusqu'au 6 octobre 2021.
Il avait été élu une première fois en octobre 2015, succédant au juge grec Vassilios Skouris et devenant le deuxième Belge à diriger cette juridiction, après Josse Mertens de Wilmars, président de 1980 à 1984.
Anversois d'orgine, père de six filles, Koen Lenaert, ses humanités terminées, s'est inscrit, en droit, à l'université de Namur, sur les conseils d'un oncle bâtonnier.
À Namur, où il eut Étienne Cerexhe pour "maître", puis à la KULeuven, Koen Lenaerts n'a cessé de manifester de l'intérêt pour le droit européen.
Mais c'est à la prestigieuse université de Harvard qu'il ira décrocher un Master of Law. "Mes études aux États-Unis m'ont permis d'acquérir une compréhension du système fédéral américain qui est toujours restée ma clé de lecture de l'Union européenne", nous confia-t-il un jour.
Entré au Tribunal de première instance de l'Union européenne, en 1989 après avoir été inscrit au barreau de Bruxelles, Koen Lenaerts siège depuis 2003 à la Cour européenne de justice, dont il est devenu vice-président en 2012.
Il a enseigné notamment à Louvain, à Harvard et au Collège d'Europe, à Bruges. Il est titulaire de nombreux prix et distinctions académiques et est l'auteur d'un nombre impressionnant de publications.
Dans une interview à La Libre en octobre 2012, il avait combattu la thèse selon laquelle la Cour ne se soucierait guère de la dimension sociale du droit européen. "Nous ne cessons de nous préoccuper, à travers nos arrêts, du sort concret des citoyens européens, de leur vie quotidienne, de leur environnement, de leur santé", nous avait-il déclaré.
Celui qui s'est toujours qualifié de "praticien" ("le droit, c'est un peu comme la musique, on ne peut être professeur de musique sans jouer d'un instrument", aime-t-il à répéter) est donc confirmé au faîte d'une institution où il continuera à siéger en permanence au sein de la Grande Chambre et où il va poursuivre son œuvre, qui consiste à assurer la cohérence de la jurisprudence.