Les frappes continuent au Moyen-Orient mais Wall Street semble "s'accrocher à tout signe de désescalade"
Le prix du pétrole, lui, continue à augmenter.

- Publié le 31-03-2026 à 16h42

Les marchés financiers tiennent bon mardi, à défaut d'y voir clair entre la poursuite des frappes au Moyen-Orient, les messages contradictoires du président américain, les prix du pétrole et l'inflation en Europe.
"Pour l'instant, les marchés semblent disposés à s'accrocher à tout signe de désescalade", résume Fawad Razaqzada, analyste de marché pour FOREX.com.
La Bourse de New York a ouvert en hausse mardi, tentant une nouvelle fois de rebondir avec l'espoir d'une fin des hostilités au Moyen-Orient, malgré l'absence de signaux clairs.
Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 1,12%, l'indice Nasdaq gagnait 1,43% et l'indice élargi S&P 500 s'octroyait 1,19%.
Les frappes continuent
Contrairement aux autres journées, aucun signe extérieur, ne fût-ce qu'une déclaration clairement encourageante, ne semble expliquer cette résilience des Bourses.
Sur le terrain, une série de frappes ont touché mardi plusieurs sites en Iran, selon les médias, après que Donald Trump a renouvelé la veille ses menaces si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas "rapidement".
Dans sa dernière déclaration mardi, le président américain s'en est pris aux alliés des Etats-Unis affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz. "Allez chercher votre propre pétrole!" ou achetez celui des Etats-Unis, a conclu le président américain.
Selon le Wall Street Journal de mardi, il aurait indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre sa campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au-delà de son calendrier de quatre à six semaines".
D'après le quotidien, Washington voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Prix du pétrole élevé
Le cours du pétrole, justement, demeurait élevé.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, dont mardi est le dernier jour de cotation, montait de 5,36% à 118,60 dollars. Celui pour livraison en juin, davantage échangé, prenait 2,38% à 107,77 dollars.
Aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) se vend quatre dollars à la pompe pour la première fois depuis 2022, a annoncé mardi l'American Automobile Association (AAA),
"Tant qu'aucun progrès significatif ne sera accompli en faveur de la paix", toute accalmie "devrait rester fragile", justifie Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Les prix du pétrole flambent depuis le début du conflit, en raison de la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz. Avant le début de la guerre, ils évoluaient autour de 60 dollars.
"Les prix du pétrole ont connu une flambée à court terme, mais la nature des chocs pétroliers actuels et la structure de l'économie mondiale invitent à la prudence plutôt qu'à l'alarmisme", relativise Jérôme Van der Bruggen, stratégiste en chef de marché pour Indosuez.
Marvell Technology explose
Au tableau des valeurs, le titre du concepteur de puces informatiques Marvell Technology (+7,37% à 94,28 dollars) était recherché après que le géant des semi-conducteurs Nvidia a annoncé son intention d'investir 2 milliards de dollars dans l'entreprise pour développer ses projets d'intelligence artificielle.
Le groupe agroalimentaire McCormick (-6,15% à 50,41 dollars), connu pour ses épices notamment sous la marque Ducros, reculait après l'annonce mardi de sa fusion avec la division alimentaire du géant britannique de l'hygiène et de l'alimentation Unilever.
McCormick versera 15,7 milliards de dollars (13,7 milliards d'euros) à Unilever et offrira des parts dans le cadre de cet accord, au terme duquel ses actionnaires détiendront 35% du nouvel ensemble.
Le laboratoire pharmaceutique Eli Lilly (+2,78% à 911,29 dollars) semblait profiter de l'annonce de l'acquisition de Centessa Pharmaceuticals, qui développe notamment des traitements pour les troubles du sommeil.