Claque boursière pour Stellantis : "C'est le coût d'un 'reset' profond mais nécessaire de notre entreprise"
L'action dévissait de près de 15 % à l'ouverture de la Bourse de Paris.
- Publié le 06-02-2026 à 09h26

Les Bourses européennes ont ouvert en baisse vendredi, entraînées par les craintes autour du secteur de la tech, des logiciels et de l'IA qui ne cessent d'alimenter la fébrilité des investisseurs.
À 08H05 GMT, la Bourse de Paris lâchait 0,41 %, celle de Londres 0,48 % et celle de Francfort 0,26 %.
Du côté de Bruxelles, la tendance est similaire, avec un recul de 0,67 %, à 5 488,12 %.
Un désintérêt pour la tech ?
Les poids lourds de la tech américaine font face à un désintérêt croissant des investisseurs, et la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes ne suffit pas à changer cette tendance. "La nervosité monte à mesure que les doutes sur la valorisation du secteur des logiciels s'ajoutent à la chute brutale des cryptomonnaies" et en premier lieu le bitcoin, explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à Cité Gestion Private Bank. "En quelques séances, le marché a effacé des centaines de milliards de dollars, avec un épicentre très clair : le logiciel", analyse-t-il.
Le lancement mardi soir, par la start-up Anthropic, à l'origine du modèle de langage Claude, d'un nouvel outil d'IA conçu pour traiter les tâches juridiques et de recherche, a mis le feu aux poudres, faisant craindre pour le modèle économique du secteur des logiciels. Et les acteurs de l'IA n'en ont pas profité pour autant car les doutes sur la rentabilité de leur modèle économique n'ont pas diminué. "La crainte est simple : que cette défiance sectorielle finisse par contaminer l'ensemble des actifs, déclenchant un véritable effet domino", juge John Plassard.
Chute de Stellantis
Stellantis décroche dès l'ouverture de la Bourse de Paris, avec une baisse de près de 15 %.
La raison ? Le constructeur automobile franco-italo-américain a annoncé qu'il allait passer "des charges exceptionnelles d'environ 22 milliards d'euros" dans ses résultats 2025, essentiellement pour "refléter l'impact d'une surestimation significative du rythme de l'électrification" du secteur.
"C'est le coût d'un 'reset' profond mais nécessaire de notre entreprise pour remettre les clients au centre de tout ce que nous faisons et pour soutenir une croissance rentable", a expliqué Stellantis, qui avait dégagé un bénéfice net de 5,5 milliards d'euros en 2024.
Rebond du bitcoin et des métaux précieux
La chute du bitcoin ne semble, elle, pas s'enrayer. La plus capitalisée des cryptomonnaies a glissé vendredi à 60.000 dollars, sans toutefois tomber en-deçà. Il rebondissait de 2,57 % vers 06H45 GMT, à 64.702 dollars.
Signe de la rapidité de son plongeon, il avait déjà glissé la veille sous 70.000 dollars pour la première fois depuis l'élection de Donald Trump pour son second mandat à la Maison-Blanche, en novembre 2024. Son récent décrochage (-41 % depuis son record d'octobre) s'explique notamment par des incertitudes réglementaires persistantes aux Etats-Unis et des ventes massives d'investisseurs, qui ont cherché à récupérer du cash face aux mouvements d'amplitude des métaux précieux. "Des questions se posent désormais quant à l'ampleur de la chute des cryptomonnaies et le niveau d'un plancher durable […] il s'agit fondamentalement d'un marché guidé par l'humeur, et celle-ci est actuellement profondément négative ; les rebonds sont de courte durée", observe Chris Weston.
Après plusieurs séances en déroute, les métaux précieux se ressaisissaient : l'or gagnait 1,29 % à 4.840 dollars l'once et l'argent 2,20 % à 72,50 dollars l'once.
