Pourquoi la chute du pétrole pourrait être une bonne nouvelle pour l'inflation
Les matières premières plongent, les marchés boursiers suivent.
- Publié le 25-04-2022 à 18h55
- Mis à jour le 03-05-2022 à 14h42

Début de semaine chaotique pour les marchés financiers, perturbés une nouvelle fois par la situation de l'économie chinoise, elle-même entravée par les nouveaux confinements forcés liés à la résurgence de l'épidémie de Covid, et par l'attente d'un resserrement plus rapide que prévu des politiques monétaires des grandes banques centrales, aux États-Unis et en Europe. Première victime des révisions à la baisse des prévisions de croissance économique, le baril de pétrole brut, revenu sous la barre des 100 dollars, pour ce qui concerne la qualité texane WTI, le Brent chutant de près de 6 % pour se stabiliser juste au-dessus des 100 dollars le baril.

L'idée étant que l'industrie du plus gros importateur de pétrole mondial est en passe de réduire ses commandes – on évoque le chiffre de 20 % – pour faire face aux ralentissements liés aux dérèglements des approvisionnements en composants. De quoi expliquer aussi la baisse des prix des métaux précieux sur les marchés à terme.
Coup de froid mondial
Au niveau mondial aussi, l'on s'inquiète du ralentissement à l'étage chinois, qui ne sera pas sans effet sur l'ensemble de la croissance, et qui ravive les craintes d'une récession.
En Bourse, la situation en Chine inquiète, et a amené les gestionnaires à revoir leurs estimations des valorisations des entreprises cotées. Dès les premières heures de cotation, les ventes ont pesé, d'abord sur les places asiatiques, Bourses chinoises en tête, avec des chutes de 3 à 5 % des indicateurs de tendance. La Bourse de Tokyo a limité son recul à 1,9 %.
En Europe, où la situation avait déjà partiellement été intégrée dans les cours vendredi, les reculs étaient limités à moins de 3 % d'entrée de jeu, pour aller vers une consolidation en début d'après-midi. Ici, on attendait bien entendu d'avoir une visibilité plus précise sur la tendance des marchés boursiers américains attendus en baisse de moins de 1 % selon les évolutions des contrats de "futures" sur indices avant l'ouverture. Mais partout, on pouvait noter des corrections relatives aux exagérations sur les valeurs technologiques, et plus généralement sur les actions d'entreprises ayant bénéficié de la crise sanitaire. Les industrielles comme Arcelor-Mittal, ou celles du secteur du luxe, faisaient également l'objet de dégagements. Au terme de la séance, Paris et Londres avaient respectivement chuté de 2,01 % et 1,88 %, plombées notamment par le luxe et les matières premières. Francfort a perdu 1,54 % et Milan 1,53 %.
Sur le front des devises, les craintes des investisseurs se sont traduites par un déport des capitaux vers le dollar, au détriment de devises comme l'euro ou le yuan chinois. Ceci accroissant le risque d'inflation importée.
Bon pour l'inflation ?
Mais à terme, la chute des prix des matières premières pourrait toutefois peser sur un des principaux facteurs actuels d'inquiétude : l'inflation. Mais, la baisse des prix du baril de pétrole brut n'est suivie qu'à distance par celle du gaz naturel dont les prix de marché restent influencés par un autre facteur qui est celui des tensions géopolitiques avec le principal fournisseur de l'Europe. Cela étant, les contrats à terme sur des échéances éloignées commencent à baisser de manière notable.