Les cryptos accrochent les jeunes investisseurs et détrônent l'or
Le Baromètre ING des investisseurs revient au neutre en raison des craintes liées à la vague Omicron.
- Publié le 21-01-2022 à 06h36
- Mis à jour le 21-01-2022 à 06h37

Le Baromètre des investisseurs calculé par ING Belgique, est un indicateur basé sur une enquête auprès de particuliers (menée par Kantar). Il va de 0 à 200, ou de "Très pessimiste" à "Très optimiste", en passant par "Neutre", à 100 points. En décembre, il a reculé de 110 à 104, soit pratiquement le niveau "Neutre". Et cela, explique dans cette étude le Chief Economist d'ING Belgique, Peter Vanden Houte, "en raison de la nouvelle vague de coronavirus dans la mesure où pas moins de 34 % des investisseurs s'attendent désormais à un affaiblissement de l'économie belge au cours des trois prochains mois, contre seulement 28 % qui tablent sur une amélioration". Peter Vanden Houte rappelle au passage qu'il faut "remonter à avril 2021 pour voir la balance pencher du côté des pessimistes".
Le pessimisme à propos de la santé de l'économie se reflète d'ailleurs dans l'appréciation du risque boursier, puisque 31 % des investisseurs interrogés s'attendent à une correction boursière dans les trois prochains mois, contre 29 % qui estiment que les cours vont encore grimper. Cette courte majorité de pessimistes ne s'était plus manifestée depuis novembre 2020, rappelle l'étude. La prudence pousse aussi 30 % des personnes interrogées à se méfier des actions de secteurs à risque, alors que 27 % pensent que c'est le moment d'agir. Pour les secteurs moins risqués, 33 % estiment que c'est le moment d'acheter pour 19 % d'un avis contraire.
Des profils contrastés
Sentant venir une hausse des taux d'intérêt, 33 % des répondants sont réticents à investir en obligations, et 20 % pensent au contraire que c'est le bon moment. Comme l'an passé, l'investisseur belge estime que l'immobilier sera cette année le meilleur investissement, à hauteur de 29 %. Et 21 % estiment que les actions ou fonds d'actions seront plus rentables. Les auteurs de l'analyse notent des différences de perception selon le profil. Les femmes à hauteur de 33 % privilégient l'immobilier, et 14 % d'entre elles voient du potentiel en Bourse. Chez les hommes, on est respectivement à 25 % et 29 %. Et, tant qu'à relever les différences selon le profil, retenons que les moins de 45 ans, un quart des personnes interrogées estiment que les cryptomonnaies seront le meilleur investissement de l'année, contre 16 % pour l'ensemble du panel. Les cryptos semblent bel et bien avoir détrôné l'or qui arrive en quatrième position dans l'ordre des préférences d'investissement, devant les obligations ou fonds obligataires, et les liquidités.
En Bourse, les personnes interrogées voient, à hauteur de 70 %, grimper les valeurs du secteur pharmaceutique, devant les matières premières, ici à un horizon à trois ans. Les entreprises actives dans l'énergie, l'eau et la gestion des déchets devraient aussi bien progresser.