À qui profite le plus la chute du prix du pétrole ?
- Publié le 28-11-2018 à 11h21
- Mis à jour le 29-11-2018 à 11h01
La Corée du Sud est le pays le plus dépendant des importations de pétrole, devant l'Afrique du Sud, l'Inde et la Turquie.Alors que le baril de Brent avait atteint un sommet annuel de 86,74 dollars le 3 octobre dernier, il est aujourd'hui retombé aux alentours de 60 dollars, une chute supérieure à 30 %. Plusieurs éléments expliquent cette dégringolade du cours de l'or noir. L'Arabie saoudite, la Russie et les États-Unis ont profité des prix élevés du brut pour produire à des niveaux records. "Ces trois pays font plus que compenser les baisses enregistrées en Iran et au Vénézuela", estimait l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans sa dernière analyse mensuelle. C'est dans ce contexte d'offre mondiale abondante que l'allégement des sanctions américaines contre le secteur pétrolier iranien a fait chuter les prix du brut.
La Chine s'en sort bien
Lorsque de tels mouvements se produisent sur le marché pétrolier, des questions se posent inévitablement quant à leur impact économique. Selon des données compilées par Bloomberg, plusieurs pays sont très dépendants des prix pétroliers. Ces importateurs nets de pétrole sont logiquement soulagés lorsque le prix du baril est en chute libre.
La Corée du Sud, l'Afrique du Sud et l'Inde sont les trois pays dont les importations nettes de pétrole sont les plus élevées au monde par rapport à leur PIB (entre 3 et 4 %). La Chine, le plus grand importateur mondial de pétrole en volume, est paradoxalement moins dépendante des prix pétroliers. En effet, ses importations nettes d'or noir ne représentent qu'environ 1 % de son PIB.
Bien évidemment, le pétrole bon marché pénalise les grands producteurs mondiaux, Arabie saoudite en tête. Ainsi, les exportations nettes de pétrole représentent plus de 20 % du PIB saoudien. Après Riyad, ce sont la Russie et le Canada qui sont les plus pénalisés par la chute du baril.
Plus surprenant, les États-Unis sont globalement gagnants lorsque le prix du pétrole diminue. Bien que les Américains produisent quasiment la même quantité de brut que l'Arabie saoudite et la Russie, ils restent des importateurs nets de pétrole.
Par ailleurs, une statistique de Capital Economics montre l'impact de la baisse des prix de l'or noir sur l'économie des pays émergents. S'il y a des perdants et des gagnants, une baisse de 10 dollars du prix du baril soutient la croissance des marchés émergents de 0,5 à 0,7 % du PIB.

