Les États-Unis ont fait une croix sur l'ex-siège d'Axa, boulevard du Souverain

- Publié le 04-09-2018 à 13h36
- Mis à jour le 04-09-2018 à 13h50

Pour l'heure, rien ne dit qu'ils ont d'autres immeubles en vue. Pour Cofinimmo, ce n'est qu'une demi-surprise. Les Etats-Unis ont donc renoncé à envisager l'installation de leur ambassade à Bruxelles dans l'immeuble situé au n° 25 du boulevard du Souverain, soit l'ancien siège social de l'assureur Axa. Du même coup, ils renoncent à acquérir ledit immeuble. Une information du journal Le Soir que Cofinimmo, la société immobilière propriétaire des lieux, confirme.
Sans pour autant que cela ne l'ai surpris outre mesure. "Cofinimmo n'a plus de relations contractuelles avec les Etats-Unis sur ce projet depuis quelques mois, explique Ellen Grauls, porte-parole de Cofinimmo. Juridiquement, nous n'étions déjà plus liés". Si cette décision n'enchante guère la société cotée, elle n'en est pas moins "libérée, ajoute Ellen Grauls. Libérée d'aller de l'avant pour donner une nouvelle issue à ce dossier très médiatisé et d'envisager l'avenir du site dans l'attente de l'issue de la procédure de sauvegarde (du patrimoine, NdlR)"
Démolition-reconstruction Pour rappel, c'est en avril 2016 que les États-Unis jetaient leur dévolu sur l'immeuble : un bâtiment cruciforme sur pilotis, construit pour et par le groupe d'assurance La Royale belge et inauguré en 1970 ; un bâtiment mythique dans son architecture et très emblématique pour cette entrée verte du sud de la capitale.
Les États-Unis avaient tant bien que mal tenté de ne pas être nommément présentés comme le potentiel acquéreur, mais le secret n'avait pas tenu bien longtemps. Il faut dire que c'est un peu tous azimuts qu'ils cherchaient à déménager du boulevard du Régent. Ils auraient, dit-on, visité une vingtaine d'endroits, dans Bruxelles et en dehors. Mais un seul les avait conquis : le Souverain 25.
Mais voilà, pour abriter les représentants de l'Oncle Sam, le lieu devait être suffisamment sécurisé : vitrage pare-balles, mur d'enceinte (ou apparenté), absence de parkings souterrains, et donc multiplication hors sol, etc. Bref, cela sentait la démolition pure et simple. Ce que la commune de Watermael-Boitsfort n'a pas voulu. En mai 2017, elle a expressément demandé à la Région de lancer une procédure de sauvegarde. Celle-ci a été lancée en juillet. La procédure pourrait durer deux ans, contre laquelle Cofinimmo n'a pas tardé à introduire une requête en annulation.
Valeur "conservatrice"
Si Cofinimmo confirme donc la décision des États-Unis, elle ne s'inquiète pas trop de l'impact sur ses résultats. Depuis qu'Axa lui a annoncé mettre fin à son bail, en juin 2013, la société immobilière l'a intégré dans ses comptes. "Ces dernières années, nous avons tenu compte des moins-values, poursuit Ellen Grauls. L'ensemble du site comprenant le bâtiment cruciforme au n° 25, un petit immeuble au n°23 à convertir en logements et un terrain à bâtir le long de la rue Tenreuken sur lequel nous avons un projet résidentiel, a été dévalué dans nos livres à un montant global de 55 millions d'euros." Soit une valeur "défensive", "conservatrice", qui n'est pas à la hauteur de l'emblématique immeuble, mais qui signifie que d'un strict point de vue financier et comptable, ce n'est pas un enjeu majeur pour la société cotée. "Il l'est, en revanche, pour l'immeuble, mais aussi pour son environnement, conclut-elle. Une activité sur le site, dans un projet économiquement viable, serait sans doute, pour les riverains et la commune, une bonne raison pour se réjouir… "