La chute du nombre de crédits hypothécaires octroyés est enclenchée
Depuis quelques mois déjà, la hausse des taux de la BCE affecte par ricochet les tarifs du crédit logement, mettant un terme à l'enthousiasme de certains candidats acquéreurs. Le marché hypothécaire le ressent de manière perceptible : moins d'octrois de crédits et moins de demandes

- Publié le 27-10-2022 à 18h18
- Mis à jour le 27-10-2022 à 18h20

C'est à une contraction généralisée qu'a fait face le marché hypothécaire au cours du troisième trimestre de cette année par rapport au troisième trimestre de l'an dernier : contraction du nombre de contrats conclus (-10,7 %) et des montants empruntés (-4,7 %) ; mais surtout, contraction de la demande de crédit (-13,3 %) et des montants demandés (-9,8 %).
Cette baisse, mesurée par l'Union professionnelle du Crédit (UPC), est une première. Et est intimement liée à la hausse des tarifs du crédit logement, quand bien même restent-ils encore très attractifs (entre 2,27 et 2,82 % selon la durée de fixité du taux).
En recul, mais toujours élevé
Il n'empêche, le marché se maintient à un niveau élevé. On parle en effet, sur un seul trimestre, d'un peu plus de 61 000 contrats conclus pour un montant total de plus de 10,5 milliards d'euros (hors refinancements). Il faut revenir au 3e trimestre 2017 pour trouver de moins bons chiffres : 55 000 contrats pour 7,2 milliards.
Il faut dire que 2020 et 2021 ont été de très fortes années et que le premier semestre 2022 a signé plusieurs records. La comparaison est donc délicate. "L'octroi de crédit continue de plafonner et ce n'est que l'année dernière qu'il a été accordé au cours d'un troisième trimestre davantage de crédits hypothécaires (en montant) que cette année", confirme l'UPC dans son communiqué.
D'autant que cette baisse est actuellement plutôt limitée pour les crédits à l'achat (-4,2 %) et à la construction (-7,4 %), la contraction n'étant somme toute très marquée que dans le cas des crédits octroyés pour une rénovation (-24,5 %).
Mais malgré tout, la baisse est enclenchée. Nettement, puisque les demandes ont déjà sérieusement fléchi, mais aussi parce que la hausse des taux pourrait s'aggraver.
Sans surprise dans ce climat, le nombre de refinancements externes (dans un autre organisme de prêt) a connu une diminution spectaculaire de 53,8 % au troisième trimestre 2022. Contre toute attente, du fait que la période de taux historiquement bas a duré plusieurs années, ils n'ont toutefois pas totalement disparu puisque presque 4 700 refinancements externes ont été enregistrés pour un montant total de plus de 630 millions.