"A Braine-l'Alleud, une maison avec jardin entre 300 000 et 400 000 euros va encore vite se vendre"
Les quartiers résidentiels y côtoient les nouveaux immeubles, sans oublier Lillois et Ophain, deux villages à un jet de pierre des commodités.

- Publié le 22-06-2022 à 14h06
- Mis à jour le 22-06-2022 à 15h17

Libre Immo | Le zoom
Si l'on en croit l'expression du bourgmestre local, Vincent Scourneau, Braine-l'Alleud est une ville à la campagne. Comprenez une commune densément peuplée – plus de 40 000 habitants, soit la plus peuplée du Brabant wallon – avec toutes les commodités qu'on puisse espérer, tout en profitant d'espaces verts et du calme d'une petite commune. Et si le centre-ville et les quartiers alentour sont plus bétonnés qu'arborés et que les immeubles fleurissent à tour de bras, force est de constater qu'il suffit de marcher quelques centaines de mètres pour se retrouver en pleine campagne.

Une situation qui attire depuis des dizaines d'années des Bruxellois à la recherche de calme, ou encore des navetteurs qui profitent d'une connexion aisée à la capitale, soit via le ring, soit via le rail. Et le Covid-19 a encore renforcé ce phénomène, évidemment. "Cela a toujours existé, surtout pour les jeunes qui n'ont pas les moyens d'acheter dans la capitale, note le notaire Enguerrand de Pierpont, actif au sein de la commune. Mais il faut bien dire que la crise sanitaire a renforcé le phénomène, même si on sent une certaine prudence depuis quelques mois du côté des acheteurs. C'est surtout lié à l'augmentation des taux, mais il y a aussi toutes les questions autour de la guerre en Ukraine, du coût des matériaux et des prix de l'énergie. Cela a ralenti un petit peu le marché."
Une stabilisation saine
Un ralentissement qui n'est pas forcément une mauvaise chose, vu la folle augmentation des prix qu'on a connue depuis la sortie du premier confinement. "Cela se stabilise lentement, mais c'est plutôt sain après quatre ou cinq années d'augmentation marquée, analyse-t-il. Mais je ne pense pas que cela va diminuer pour autant. Il ne faut pas compter sur une chute des prix car l'offre et la demande restent soutenues."

Cette réalité, les agents immobiliers la vivent au quotidien, comme l'explique Cédric Demaerschalk, patron de l'agence ERA Cedimmo. "La situation actuelle est assez paradoxale. Cela dépend vraiment du type de bien et de la tranche de prix, explique-t-il. Une maison avec jardin entre 300 000 et 400 000 euros va encore très bien et très vite se vendre. A contrario, la folie du Covid est retombée pour le reste. Un appartement sans terrasse est de plus en plus dur à vendre, de même que les maisons qui sont complètement à rénover. Pour ces dernières, on sent un vrai ralentissement du marché dû à la frilosité des gens par rapport au coût des matériaux. On sent que les acheteurs réfléchissent à deux fois avant de se lancer dans l'aventure, et l'exigence est bien plus grande pour une maison entre 275 000 et 325 000 euros avec travaux plutôt qu'une maison à 400 000 euros ou plus, sans grands travaux à réaliser. Je pointerais deux autres facteurs : la hausse des taux, mais aussi le coût de la vie qui provoque une grande incertitude."
De là à dire que le marché connaît une baisse d'activité à Braine-l'Alleud, il y a un pas à ne pas franchir pour autant. "Ce qu'on remarque ces dernières années, c'est que le marché des appartements neufs est très soutenu. À Braine-l'Alleud plus qu'ailleurs en Brabant wallon, on voit des projets qui fleurissent un peu partout. Je pense notamment à tous les immeubles dans le parc de l'Alliance qui se vendent très bien. Les promoteurs suivent un très bon rythme de croisière", détaille Me Eguerrand de Pierpont.
Et s'il est vrai qu'il est plus compliqué de vendre une maison ancienne et énergivore, certains standards gardent la confiance des acheteurs. "Dans beaucoup de quartiers autour du centre-ville, les maisons bel-étage ont encore beaucoup de succès. Le bien entre 280 000 et 380 000 euros facile à rénover est très recherché pas les jeunes acheteurs qui ont un budget limité et qui recherchent une maison pas trop onéreuse à l'usage."
De rares terrains à bâtir
Il faut être conscient également que sur ce territoire déjà fort urbanisé, les terrains à bâtir sont de plus en plus rares. D'où le succès de certains quartiers bâtis il y a quelques dizaines d'années. "Nous recevons beaucoup de demandes de recherches pour tous les quartiers proches du Collège Cardinal Mercier, enchaîne Cédric Demaerschalk. Je pense également au quartier Prince d'Orange ou aux Berges du Ruisseau. La demande classique, c'est une villa trois ou quatre façades avec un jardin, mais pas un trop grand terrain non plus."

C'est ce qu'on trouve en écrasante majorité dans les quartiers précités. "N'oublions pas non plus le quartier de Merbraine, où un gros projet est en développement", rappelle Me de Pierpont. On parle là du projet Terra Nostra – dont une première partie a déjà été construite en lieu et place de l'ancien internet du Collège Cardinal Mercier – qui comptera cinq immeubles de 83 appartements dans un futur relativement proche. "Un quartier comme celui des Berges du Ruisseau garde aussi un certain succès car il est plutôt récent, avec des biens qui demandent peu ou pas de travaux."

Enfin, on ne peut pas évoquer Braine-l'Alleud sans parler de ses villages : Ophain-Bois-Seigneur-Isaac et Lillois. "On parle là de deux marchés spécifiques et parallèles à celui du centre-ville au sens large. En allant par là-bas, les acheteurs recherchent plus de calme et un côté campagnard, tout en restant proche des grands axes, convient le notaire. Je pense également au quartier des Sept-Fontaines (situé à la frontière avec Rhode-Saint-Genèse et connu pour ses villas luxueuses, NdlR) qui est un tout autre marché encore, avec des prix tout à fait différents, de même que la sociologie. D'ailleurs, le marché a aussi réagi différemment de ce côté-là ces derniers mois puisqu'il est plus compliqué de vendre un bien."
À Braine-l'Alleud, il y en a donc pour tous les goûts, mais aussi pour tous les budgets, au cœur d'un marché dynamique rythmé par les Bruxellois, mais pas seulement.