Les notaires belges ont une nouvelle présidente
Katrin Roggeman vient d'être élue à la tête de la Fédération du notariat (Fednot) pour un mandat de trois ans. Parfaite bilingue et officiant depuis Bruxelles, elle détaille les défis qui l'attendent pour dynamiser la profession.

- Publié le 07-07-2021 à 12h30
- Mis à jour le 07-07-2021 à 14h59

Succédant au notaire arlonais Philippe Bosseler, Katrin Roggeman (52 ans) est la seconde femme à prendre la tête de la Fédération du notariat après la Bruxelloise Lorette Rousseau en 2012. Durant son mandat de trois ans, qu'elle entend mener avec la ténacité et le dynamisme qui caractérisent par ailleurs cette sportive confirmée, la nouvelle présidente de Fednot a l'intention de poursuivre la modernisation de la profession dont son prédécesseur était le fer de lance, avec une attention particulière à la proximité et à l'aspect humain de la relation entre les notaires et leurs clients.
Après des études de Droit à la KULeuven (1992), Katrin Roggeman hésite longuement entre la diplomatie et le notariat avant de choisir ce dernier et de compléter sa formation en conséquence. "C'est une profession qui aborde plusieurs branches du Droit sans se limiter à une seule et c'est cela qui m'a attirée", précise-t-elle. Originaire d'un patelin situé entre Anvers et Bruxelles, elle décide de tenter sa chance dans la capitale, pour parfaire son français notamment, et décroche un stage au sein de l'étude bruxelloise Van Halteren, au centre-ville. Elle y officie toujours aujourd'hui en tant que notaire associée.
Un programme chargé
Avant d'en être nommée présidente, Katrin Roggeman était déjà investie dans les instances dirigeantes de Fednot puisqu'elle a été le bras droit de Philippe Bosseler. "J'étais vice-présidente", acquiesce celle qui confie désormais consacrer deux jours par semaine à ses nouvelles responsabilités, entre "le conseil d'administration qui se réunit une fois par mois, les comités de suivi des projets, les réunions avec les différents services et le contact vers l'extérieur". Et d'insister sur le fait que son implication au sein de la Fédération ne se fera pas au détriment de ses clients, pour lesquels elle "reste présente".
Au rang des réformes qui lui tiennent à cœur, Katrin Roggeman cite la numérisation des services du notariat, avec plusieurs projets réalisés ces dernières années : l'enregistrement électronique des actes auprès du SPF Finances eRegistration, les ventes aux enchères en ligne Biddit, le registre des titres eStox, le coffre-fort numérique Izimi et, last but not least, l'avènement des premiers actes de vente signés à distance grâce à la procuration numérique, que la crise du coronavirus a précipité l'an dernier.
"Maintenant, il faut veiller à ce que tous ces outils numériques soient réellement utilisés par les quelque 1 130 études notariales que soutient Fednot", commente sa présidente. Qui ajoute que, dans le même temps, ces nouvelles manières de faire se doivent de refléter "les valeurs, la confiance et le gage de sérieux et de sécurité véhiculés par le notariat". Le tout sans occulter l'aspect humain des échanges avec le notaire, qui accompagne et conseille ses clients dans les grandes étapes de leur vie. "C'est important d'être empathique et tourné vers l'humain, car ces moments clés pour lesquels nos clients viennent nous voir dépassent ce qui est couché sur papier."
Autre point d'attention, le confortement du rôle du notaire, "qui est le gardien de la protection du citoyen de par sa connaissance juridique en matière de régime matrimonial, de fiscalité, de succession, etc.", énumère Katrin Roggeman. "C'est ce qui rend notre position centrale. Et notre profession assez rare car parmi les juristes, les notaires sont ceux qui exercent encore le droit dans une multiplicité de branches." Une polyvalence garantie par la formation, qui est l'un des services offerts par Fednot à ses membres, au même titre que les avis juridiques, la gestion des études, les solutions informatiques et l'information vers le grand public.
