Pour leur seconde résidence, le dépaysement ne suffit plus aux Belges

- Publié le 25-06-2020 à 12h51
- Mis à jour le 25-06-2020 à 12h55

Libre Immo | Le dossier
Les candidats à la seconde résidence arriveraient à marche forcée en Ardenne et sur la Côte belge ? C'est ce que les professionnels de l'immobilier confirment. Et il semble bien qu'ils poursuivent sur leur lancée vers les départements côtiers des Hauts-de-France (le Nord, mais surtout le Pas-de-Calais et la Somme). "Dans toute la région, on s'arrache les maisons individuelles avec petit terrain", indique Emmanuel Di Girolamo, agent immobilier et Président FNAIM de la Région des Hauts-de-France. "C'est sans doute ponctuel, lié au confinement, mais cela vaut tant pour les premières résidences que pour les secondes. Les amateurs s'orientent vers des biens accessibles en voiture. Ceux qui ne le sont qu'en avion sont des modèles pour l'instant plutôt boudés tant demain est rempli de points d'interrogation. Avec ceci que l'immobilier, valeur refuge, tangible, transmissible, garde un attrait pour les Français et… les Belges. J'ajouterais, en France et… en Belgique." Car si nombre de Belges visent la France, nombre de Français visent la Belgique. Pas seulement pour une première résidence, mais également pour une seconde, à La Panne ou Coxyde.
Mais revenons aux Belges… qui forment, avec les Anglais (avant le Brexit) et les Néerlandais, une des nationalités étrangères phares de la Côte d'Opale, s'étendant de Bray-Dunes au nord à Berck au sud et comptant près d'une vingtaine de stations balnéaires. "On était dans une période d'accalmie structurelle après une période faste il y a quelques années", ajoute-t-il, "mais depuis la fin du confinement, il y a une réelle volonté d'achat dans le chef des Belges. Surtout à Wissant et Wimereux et, un peu plus au sud, à Hardelot et Sainte-Cécile, qui ont gardé leur aspect plus sauvage."
Une offre qui risque de se tarir
"Et qu'on ne pense pas que le dépaysement leur suffise désormais", prévient Emmanuel Di Girolamo. "Pour leur seconde résidence, les Belges recherchent aussi un jardin. Alors qu'avant ils pouvaient se contenter d'un balcon ou d'une terrasse, depuis la sortie du confinement, ils veulent retrouver les critères minima de ce qu'ils ont chez eux. Voire mieux si un nouveau confinement est imposé. Et c'est un vrai changement."
Mais très clairement, selon lui, comme selon ses confrères, "l'offre ne suit pas" et risque même de "déstabiliser les prix". Sans pour autant pouvoir déjà traduire son sentiment par des chiffres. "On est dans une situation très particulière et j'avoue être un peu inquiet sur la fin de l'année si la demande vient à se tarir brutalement mais surtout si l'on n'a rien à vendre, les propriétaires en âge de passer dans un appartement décidant d'attendre un peu. Et ce, qu'ils soient premiers ou seconds résidents."
