Du coworking en franchise, une première en Belgique : "Il y a des centres de fitness, des hôtels ou des agences immobilières en franchise, pourquoi pas des espaces de travail partagés?"

- Publié le 09-03-2020 à 18h16

Le groupe IWG et ses enseignes de coworking Regus et Spaces recourent à la franchise pour intensifier leur présence en Belgique. Objectif, passer de 40 à 130 sites à l'horizon 2029.
L'expansion des enseignes peuplant nos rues, shoppings et périphéries est bien souvent due à la franchise. C'est elle qui a permis à des Delhaize ou Carrefour, Burger King ou McDonald's, Esprit ou Brico de faire le tour de Belgique, voire du monde.
Étonnamment, si on conçoit la franchise pour l'alimentaire, la restauration, la mode ou le bricolage, on y pense moins pour les services. "Or, on est exactement dans le même schéma, indique Rob Hogervorst qui a été engagé par le groupe International Workplace Group (IWG) pour la lancer en Belgique pour ses enseignes de coworking Regus et Spaces. "Il y a des centres de fitness, des hôtels ou des agences immobilières en franchise, pourquoi pas des espaces de travail partagés?"
Stratégie de proximité
L'argument pour le franchiseur est identique : grandir plus vite et mieux couvrir le territoire. En 2012, le groupe IWG comptait dix sites en Belgique. Aujourd'hui, il en a 40 (105 000 m²), composés de Regus mais aussi de Spaces, son pendant plus convivial, dont le dernier vient d'ouvrir dans le quartier de la Bourse, à Bruxelles. À l'horizon 2029, ce sont 130 qu'il vise. "On est déjà de loin le leader en coworking sur le territoire belge, pointe William Willems, directeur général d'IWG Belgique, mais il nous faut tisser notre couverture de manière plus serrée, pouvoir proposer un site à moins de 15 minutes de là où vivent la plupart des gens. Certaines de nos sociétés membres évoquent des problèmes d'accessibilité, de mobilité, d'autres le besoin d'attirer des talents. Et il y a des indépendants et des consultants, qui sont une de nos autres cibles, dans tout le pays."
Place donc à une nouvelle stratégie de proximité. "Pour nous, c'est plus compliqué de nous installer à Hasselt, Mons ou Arlon qu'à Bruxelles ou Anvers, poursuit-t-il, car il faut avoir des connaissances sur ces marchés locaux, sur les propriétaires de bureaux, sur les entrepreneurs, les dynamiques et habitudes de travail, etc. D'où ce passage à la franchise."

En pratique
Si l'ouverture d'un espace de coworking en franchise est une première en Belgique, ce n'en est pas une pour IWG. L'entreprise a en effet lancé son premier site franchisé en 2012. Il en a déjà entre 250 et 300, essentiellement localisés au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Asie. "En pratique, le franchisé se charge du bâtiment – c'est lui qui en est locataire ou propriétaire – et des aménagements dans le respect de certaines lignes que nous lui imposons, note Rob Hogervorst. Il réalise les investissements (mobilier, informatique…), engage le personnel, s'occupe du marketing à son échelle et de ses clients. Le groupe lui offre son expertise, son support (facturation, help desk, call center…), sa plateforme centrale de Sales&Marketing et son aura internationale. De l'extérieur, rien ne différenciera un site franchisé et un site en propre."
Et des sites, avec une histoire longue de 30 ans, IWG en a plus de 3 500 dans le monde. "Auxquels les clients des franchisés auront accès dans le cadre de leur abonnement, au même titre que ceux du groupe", ajoute-t-il.
Un découpage par provinces ou par zones
Quant au profil des futurs franchisés belges, il sera le même que celui des franchisés existants. "La plupart sont moins des propriétaires de bâtiments désireux d'en animer le rez-de-chaussée, par exemple, que des entrepreneurs indépendants ayant une expérience dans le retail, les services et l'hospitalité, répond William Willems. Certains sont d'ailleurs franchisés dans un autre domaine que le coworking : hôtellerie, salles de sport..."
Ils ne se contentent généralement pas d'un seul site, mais en ont deux, cinq ou sept. Le Japon et la Suisse sont d'ailleurs chacun aux mains d'un seul franchisé. "Mais c'est une exception. En règle générale, IWG cède des zones, des régions, avec des objectifs précis, ce qui sera le cas en Belgique", soutient le directeur du groupe en Belgique. "Notamment pour une question de langue. Car le coworking est un concept qui doit être bien expliqué aux candidats franchisés", renchérit Rob Hogervorst. La gestion des franchisés au sein du groupe se fera d'ailleurs séparément : la partie francophone sera gérée par la France, la partie néerlandophone par les Pays-Bas où la franchise a été lancée l'an dernier et où deux premiers centres franchisés ouvriront mi-juin. "En Belgique, on est en discussion avec trois-quatre opérateurs", précise-t-il.
"Le découpage du pays pourrait se faire de manière provinciale, ou en fonction de zones économiques, conclut William Willems. Cela dépendra aussi de la capacité d'investissement des candidats franchisés qui pourront se charger de localisations plus ou moins grandes. On a fait l'étude pour la zone entre Gand et Anvers, mais en priorité, on vise le Hainaut, le Luxembourg et le Limbourg où nous ne sommes pas encore présents."