Les ventes des deux châteaux des Merode à Rixensart s'achèvent
- Publié le 14-09-2018 à 09h39

L'adjudication des ruines du château de l'Étoile est fixée au 25 septembre. La date de l'adjudication définitive après surenchère des ruines du château de l'Étoile, situées sur la commune de Rixensart, propriété de la princesse Isabelle de Merode, a été fixée au 25 septembre. Trois mois, jour pour jour, après la première séance.
Celle-ci s'était clôturée sur un prix jugé déjà très élevé pour des ruines : 3,3 millions d'euros, offerts par André de Barsy, l'un des actionnaires minoritaires de sociétés belges cotées les plus connus, dont la propriété jouxte les bois dudit château. Contre toute attente, du moins selon certains spécialistes de l'expertise de patrimoine rural et d'experts immobiliers, une dizaine de jours plus tard, il y avait eu une surenchère.
Valeur de convenance
C'est donc à 3 306 200 euros que la vente démarrera le 25 septembre. Soit, si l'on ne tient pas compte des ruines, néanmoins reprises dans l'Inventaire du patrimoine architectural, un prix moyen à l'hectare de près de 38 900 euros. Pour des pâtures, vergers et autres jardins, mais surtout pour des bois inscrits au cœur d'une zone forestière d'intérêt paysager classée Natura 2000. "Mais des bois saccagés par le rêve que ses propriétaires ont caressé fin des années 80 d'en faire un golf, note un expert. Toutes les hautes tiges et les beaux arbres ont été abattus, dépréciant fortement la valeur forestière. Avec ceci qu'il y a, au milieu, une enclave d'une vingtaine d'hectares qui ne fait pas partie de la vente." Le prix proposé est déjà "hors marché et ce qu'on appelle une valeur de convenance, ajoute un de ses homologues. Parce qu'on est un voisin, que le site rappelle des souvenirs, qu'il représente un rêve… Stricto sensu, il n'y a pas de rentabilité qui tienne."
"Il n'y a pas de raisons objectives sur base d'une valorisation de marché de dépasser ce montant", poursuit-il. La façade doit en effet être préservée et, bien que l'on puisse construire à neuf quelque chose derrière, de même que sur les ruines de la ferme en carré à l'arrière, il n'y aurait aucune chance d'y inscrire un hôtel, voire même un projet multirésidentiel, l'un et l'autre exigeant "trop de contraintes urbanistiques pour que ce soit accepté par la Commune".
Par contre, par rapport à l'autre château des Merode à Rixensart qui a également été mis en vente avant l'été (voir ci-dessous) et qui devra bénéficier d'une rénovation lourde, celui de l'Étoile offre plus de possibilités : "On peut recommencer quasiment à zéro, ajoute le premier expert. Et ce ne sont pas ses seuls atouts : une pièce de 85 hectares, bonne pour la chasse sans toutefois être mirifique, située aux portes de Bruxelles, qui pourrait devenir une extraordinaire propriété…" Et tous deux de parier que le 25 septembre, il y aura beaucoup de voisins, de curieux et de journalistes, et peu d'enchérisseurs.
Les derniers jours pour acheter un château classé
Si l'avenir du château de l'Étoile se jouera le 25 septembre, celui de l'autre château des Merode situé sur la même commune et communément appelé "Château de Rixensart" se décidera ce lundi 17 septembre. C'est en effet ce jour-là, avant 12 heures, que le notaire Olivier Waterkeyn (Waterloo) réceptionnera les offres d'achat "fermes, sans aucune réserve et inconditionnelles" pour le bien et son domaine s'étendant sur quelque 116 hectares.
On se souvient que le château a été proposé à la vente le 21 juin dernier. Une vente publique du fait que deux des huit indivisaires, par ailleurs occupants du château, sont placés sous protection (juridiquement incapables), mais une vente volontaire.
La vacation a été assez désastreuse puisque le lot principal (il y en avait sept autres), malgré ses nombreuses ramifications immobilières (logements, habitation de vacances, église, chapelles, ruines, parc, étangs, marais, prés, vergers, bois, bruyères), n'a pas dépassé le cap de 1,7 million d'euros. Seuls deux amateurs ont surenchéri, du moins sur la fin : l'homme d'affaires brabançon Walid Rizkallah et les Merode de la branche dite allemande, bien décidés à se fédérer dans une fondation éponyme.
Modalités de la procédure
À si bas prix, le château a été retiré de la vente pour prendre, tout naturellement, le chemin d'une transaction sous seing privé. À laquelle il était entendu que les deux derniers enchérisseurs participeraient ; l'un et l'autre n'ayant pas caché, au sortir de la vente, être toujours amateurs.
Deux ne suffisant pas, le notaire a rameuté tous ceux qui avaient manifesté quelque intérêt. Il en avait la liste précise. Pour participer à la vente du 21 juin, les enchérisseurs potentiels, quel que soit le lot, devaient se manifester, carte d'identité à l'appui. Début septembre, ils ont reçu par courrier toutes les modalités de la procédure. Compte tenu des délais détaillés (versement d'une garantie, signature de l'acte authentique et payement du solde), les choses devraient être finalisées au mieux vers le 25 novembre.
De prix, il n'est bien entendu pas question dans ce courrier. Il se raconte toutefois que le prix obtenu pour les ruines du château de l'Étoile en première séance (3,3 millions) ferait rêver les vendeurs qui se verraient déjà à la tête d'au moins 4 millions d'euros.
