Un incubateur de start-up de plusieurs milliers de mètres carrés va voir le jour au cœur de Bruxelles
Le projet est porté par Thibaud Elzière, cofondateur du start-up studio Hexa. L'ambitions du futur incubateur "Volta" est de stimuler et fédérer l'écosystème bruxellois, et européen, autour de l'innovation technologique et de l'entrepreneuriat. L'ouverture est prévue en 2027.

- Publié le 09-04-2025 à 06h37
- Mis à jour le 09-04-2025 à 07h45

Thibaud Elzière, entrepreneur et investisseur à succès, en a longtemps rêvé : créer, dans un lieu emblématique situé au cœur de Bruxelles, un incubateur dédié aux start-up et à l'innovation technologique. Après de longues recherches, il a enfin trouvé l'endroit où concrétiser son rêve et, par la même occasion, doter la capitale de l'Union européenne d'un lieu suffisamment inspirant et attractif pour fédérer l'écosystème entrepreneurial bruxellois et européen.
"Nous avons signé le compromis de vente la semaine dernière", nous a annoncé Thibaud Elzière, qui vit à Bruxelles depuis 20 ans et possède la double nationalité française et belge. "C'est un projet qui répond à mon envie, depuis que je suis arrivé en Belgique, de fédérer un écosystème au potentiel énorme. L'idée est de construire un incubateur de start-up pour soutenir l'innovation technologique européenne autour de thématiques telles que l'intelligence artificielle, la santé, la transition énergétique…".
À ce stade, Thibaud Elzière, principalement connu pour avoir cofondé le start-up studio Hexa (après avoir revendu sa start-up Fotolia à Adobe pour plusieurs centaines de millions de dollars), tient à rester prudent et discret sur le projet Volta. Il préfère attendre la signature de l'acte avant d'en dire davantage.

Thibaud Elzière a toutefois accepté de nous dévoiler le montant de l'investissement (25 millions d'euros), la date à laquelle il espère ouvrir l'incubateur (dans le courant 2027) et, surtout, le lieu. Il s'agit de l'ancienne centrale électrique, située rue Volta, à Ixelles. Idéalement localisé entre les campus de l'ULB et de la VUB, le bâtiment appartient à un collectif – Volta XL – composé de citoyens, d'entreprises et d'associations engagés dans un projet de transformation du site industriel en un espace de travail et de vie écoresponsable. Le collectif conserverait le bâtiment en front de rue.
Les atouts de Bruxelles
Le projet Volta est celui d'un incubateur de start-up de "plusieurs milliers de mètres carrés" pouvant accueillir "plusieurs centaines" d'entrepreneurs, avec des espaces de travail, un auditorium pour organiser des événements, des lieux de restauration et de détente (il est notamment prévu d'installer une grande salle de sport). "Je veux faire un lieu qui rejoint mes deux passions : la tech et l'hospitalité" (Thibaud Elzière a lancé avec son frère, en 2021, une activité à mi-chemin entre l'hôtellerie et la location saisonnière, Iconic House, NdlR). Le start-up studio Hexa, que Thibaud Elzière a fondé en 2011 avec Quentin Nickmans, devrait également intégrer les lieux.
"Pour fédérer un écosystème, il faut un lieu iconique et atteindre une certaine taille critique. Il faut aussi sélectionner les start-up et favoriser les échanges entre les entrepreneurs afin de créer une émulation et créer des effets de réseau."
Citant en exemple le Wintercircus à Gand, mais également Station F (campus fondé par Xavier Niel) et La Cristallerie à Paris (centre d'innovation et d'entrepreneuriat ouvert en 2023 par Hexa), Thibaud Elzière estime que Bruxelles dispose de nombreux atouts pour accueillir un incubateur de start-up digne de ce nom.
"Je suis persuadé que pour fédérer un écosystème – et je disais déjà cela avant l'ouverture de Station F en 2017 -, il faut un lieu iconique et atteindre une certaine taille critique. Il faut aussi sélectionner les start-up et favoriser les échanges entre les entrepreneurs afin de créer une émulation et créer des effets de réseau". En tant que capitale européenne, Bruxelles est l'endroit idéal pour attirer des équipes composées de différentes nationalités, soutient Thibaud Elzière. "C'est aussi une ville où la vie n'est pas trop chère, comparativement à Paris ou Londres, hyper cosmopolite, très bien desservie, avec une offre culturelle importante".
Le réveil a sonné pour les Européens
Thibaud Elzière, très attaché à la construction européenne, inscrit aussi son projet d'incubateur dans un contexte international marqué par le brutal repli protectionniste des États-Unis, la montée en puissance de la Chine et l'urgence, pour l'Europe, d'affirmer sa souveraineté dans le domaine du numérique et des technologies. "Depuis 20 ans, on avait un peu perdu la flamme. Il a fallu que Donald Trump mette l'Europe au pied du mur pour qu'on se réveille et comprenne qu'il est temps de réagir, dit-il. J'ai la conviction que les responsables politiques et les entrepreneurs européens ont une opportunité à saisir dans le contexte actuel. Les choses sont d'ailleurs en train de bouger, notamment avec le projet de 28e régime (projet qui vise à créer un code européen de droit des affaires, NdlR)".
"Il faut cesser de trouver de fausses excuses, comme la régulation, pour ne pas entreprendre en Europe. C'est le moment pour se lancer!"
Malgré certaines complexités et imperfections liées à la construction européenne, Thibaud Elzière estime que le moment est venu, pour les entrepreneurs, d'agir. "Il faut cesser de trouver de fausses excuses, comme la régulation, pour ne pas entreprendre en Europe. On commence à voir émerger, en Europe, un vrai marché captif de 450 millions de consommateurs (pour moins de 350 millions aux États-Unis, NdlR). C'est le moment pour se lancer !".