Pommes de terre, légumes à feuilles, vigne : BiocSol récolte 10 millions pour lutter contre le mildiou en respectant l'environnement
La jeune pousse wallonne BiocSol vient de compléter une première levée de fonds. De quoi lui permettre d'accélérer le développement et la commercialisation de ses biosolutions innovantes.

- Publié le 03-02-2025 à 09h26
- Mis à jour le 03-02-2025 à 11h04

BiocSol est une nouvelle venue dans le monde des "agritechs" wallonnes. Elle a vu le jour fin 2023 en tant que spin-off de l'UCLouvain. Mais, comme souvent, la création de la société s'appuie sur plusieurs années de recherches en microbiologie, dont le jeune chercheur Simon Caulier a été le principal artisan.
L'approche du chercheur a été de concilier durabilité et efficacité en vue d'aider les agriculteurs, confrontés à l'émergence de nouveaux agents pathogènes de plus en plus résistants (on évalue entre 20 et 40 % des récoltes mondiales qui, chaque année, sont détruites par des champignons parasites). M.Caulier a opté pour des substances microbiennes de nouvelle génération. La technologie a été testée en conditions réelles avec succès en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Les premiers biopesticides de BiocSol ciblent le mildiou et l'alternariose de la pomme de terre, ainsi que le mildiou de la laitue et de la vigne.
Deuxième étage de la fusée
C'est pour permettre à BiocSol de déployer ces premiers produits qu'elle a finalisé une première levée de fonds. Ce tour de table de 10 millions d'euros a été mené en deux phases. En novembre, un montant de 5,2 millions d'euros avait été apporté, en capital, par Agri Investment Fund (fonds de capital-risque du Boerenbond) et Vives Partners. Les investisseurs régionaux Invest BW et IMBC Spinnova étaient également de la partie. Aujourd'hui, on connaît le montant et l'identité des investisseurs de la deuxième phase : il s'agit de l'investisseur hollandais Pymwymic et de la Région wallonne. Ils ont investi un total de 4,4 millions d'euros, dont plus de 3 millions en financement non-dilutif (via le dispositif Win4company).
"Grâce à ce financement, qui nous permet d'atteindre notre objectif de 10 millions d'euros, nous pouvons accélérer pleinement notre développement. Cela valide une nouvelle fois l'approche de BiocSol, qui vise à offrir aux agriculteurs du monde entier des biosolutions durables et plus efficaces", se réjouit Denis Payen, qui a rejoint Simon Caulier au printemps 2024 en tant que CEO.
Offrir une alternative à impact positif
Ces financements vont permettre à BiocSol de renforcer son équipe, d'élargir son pipeline R&D et de démarrer les processus réglementaires pour ses biofongicides innovants. De plus, la société va pouvoir finaliser le scale-up de sa production pour être prêt à répondre à la demande du marché. Une mise sur le marché des premiers produits est attendue à partir de 2031.
Le fonds privé Pymwymic joue un rôle pionnier, depuis le milieu des années 1990, en investissant dans des start-up qui proposent des solutions innovantes dans des domaines tels que l'agriculture durable, la réduction du gaspillage alimentaire et l'agriculture régénératrice "Au vu du solide pipeline de biosolutions de BiocSol et de sa capacité à développer une plateforme de produits à base de métabolites pour une large gamme de cultures, nous sommes convaincus de son potentiel à générer un impact positif sur l'agriculture, en offrant de nouvelles alternatives aux agriculteurs au travers de solutions abordables pour la protection des cultures", souligne Pieter Vis, Partner chez Pymwymic.
