Tensions au Moyen-Orient: BNP Paribas et KBC nient leur implication dans l'occupation israélienne après un rapport
BNP Paribas et KBC contestent les conclusions d'un rapport des ONG 11.11.11 et FairFin sur le financement de l'occupation israélienne. "La situation au Moyen-Orient est trop grave pour être instrumentalisée", estime mardi la première, tout en affirmant "partager l'émotion vive suscitée par les conséquences dramatiques pour les populations civiles."

- Publié le 26-11-2024 à 16h38

Le rapport des ONG accuse BNP Paribas d'avoir investi plus de 32 milliards de dollars dans l'industrie des colonies israéliennes entre janvier 2021 et août 2024, la plaçant, comme les années précédentes, au rang de principal financeur européen.
M. Anseeuw, CEO de BNP Paribas Fortis, explique cette mise en cause par la taille du groupe : "Notre présence en tête de liste s'explique par notre position de leader dans la zone euro, avec des activités dans plus de 60 pays. Sept entreprises sur dix réalisant un chiffre d'affaires d'au moins 1 milliard d'euros sont clientes chez nous." Il critique également la méthodologie des ONG, qui, selon lui, "utilisent des informations publiques sans distinguer les différentes relations financières. Elles mettent tout dans le même panier." Invoquant le secret bancaire, le CEO ajoute que la banque "ne peut divulguer d'informations détaillées. Je ne suis pas autorisé non plus à informer vos voisins du montant de votre emprunt immobilier."
Concernant l'industrie israélienne de l'armement, BNP Paribas refuse de commenter des cas clients spécifiques, mais souligne ne pas soutenir les achats d'armes. Les activités du groupe dans le secteur de la défense seraient "très réglementées" et encadrées par une politique interne "plus stricte que les exigences légales".
"BNP Paribas n'exerce aucune activité dans les territoires occupés, ne possède aucune filiale en Israël ou en Palestine et ne joue aucun rôle dans le financement des territoires occupés. Ce qui s'y passe nous horrifie également", affirme M. Anseeuw.
Enfin, la banque condamne les actes de vandalisme commis contre ses agences par des militants pro-palestiniens. Cinquante incidents ont déjà été recensés cette année. "La sécurité de notre personnel et de nos clients est une priorité absolue", conclut le CEO.
À KBC, les auteurs du rapport reprochent des relations financières d'une valeur de 1,92 milliard de dollars avec des entreprises actives dans la colonisation israélienne et notamment avec Caterpillar. La banque aurait ainsi augmenté ses investissements dans le constructeur de machines, qui fournit des bulldozers blindés à l'armée israélienne, à 772 millions en 2023, soit plus du double de l'année précédente.
KBC a réagi mardi, arguant que "le rapport utilise des chiffres incorrects et des données inexactes, ce qui conduit à des conclusions erronées et biaisées".
"Toutes les activités commerciales de KBC sont soumises à des règles de durabilité strictes en matière de droits de l'homme, d'environnement et de pratiques commerciales éthiques", assure la banque. "KBC respecte les réglementations nationales et locales de chaque pays où le groupe KBC est actif, ainsi que le droit international. Tout cela est soutenu par la gouvernance de KBC en matière de développement durable et les contrôles internes qui s'y rapportent."
KBC exprime aussi sa "préoccupation quant à la situation au Moyen-Orient et à l'impact de ces événements tragiques sur la population civile" et affirme croire "en un dialogue constructif avec toutes les ONG basé sur des faits et des données exacts".
